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Battlefield 1 : une oeuvre magistrale et sublime !

Le trailer de Battlefield 1, c’est un peu plus de 13 millions de vues depuis sa mise en ligne le 12 juin dernier. C’est beaucoup moins que celui de Call of Duty Infinite Warfare, mais l’élément à retenir du face à face entre les deux mastodontes du FPS est sans conteste le fait que le trailer de la franchise d’Activision fasse désormais partie des vidéos les plus « dislikées » sur Youtube.

DICE avait sans nul doute bien ressenti les attentes des joueurs lassés de la guerre moderne et future et aspirant à revisiter les conflits majeurs du siècle dernier. L’histoire (ou plutôt les chiffres) dira si Activision s’est véritablement trompé, mais clairement le studio de Stockholm propose a priori un background plus attirant pour les joueurs. Au-delà de la hype et de la bonne direction prise par le studio, la qualité du titre ne pouvait pas se présumer et nous avions hâte de pouvoir enfin voir si toutes les jolies promesses étaient à la hauteur des attentes.

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  • Date de sortie : 21 Octobre 2016
  • Editeur : EA
  • Développeur : Digital Illusions Creative Entertainment (DICE)
  • Genre : FPS
  • Prix : 69,99€
  • PEGI : +18
  • DisponibilitéVersion physique et dématérialisée

Souviens toi Battlefield 3 et 4..

Si vous avez un brin de mémoire, vous avez pu craindre que la copie rendue par nos amis suédois soit in fine moins séduisante que les aperçus distillés par le studio durant la phase de promotion du jeu. Oui, DICE a oscillé entre le moyen et le décevant en livrant ses deux précédentes productions de la série Battlefield.

Battlefield 3 laisse le souvenir d’un multijoueur honnête et de qualité, mais d’une campagne assez peu marquante malgré de jolis passages et au sein de laquelle on se rappelle de la mise en oeuvre de QTE peu inspirés, notamment lorsqu’il s’agissait d’éliminer un rat affamé que l’on croisait en avançant à couvert. La série se perdait un peu, cherchant son identité en courant derrière son rival de presque toujours, Call of Duty.

Pire, Battlefield 4 devait être la consécration avec des attentes gigantesque générées par le saut générationnel des consoles de salon. Et là, patatras. Le lancement a été assez catastrophique, marqué par l’impossibilité de jouer en ligne de manière stable durant les premiers jours. DICE a beaucoup oeuvré pour rendre l’expérience acceptable, mais ce démarrage chaotique a laissé des traces dans les mémoires. Est-il d’ailleurs nécessaire de revenir sur la campagne solo qui, si elle était enfin relativement intéressante, restait truffée de bugs faisant disparaître les sauvegardes et rendant impossible le déblocage des succès? Je me souviens même avoir tenté de boucler la campagne d’une traite afin de pouvoir récolter les fruits de mes pérégrinations vidéoludiques, illusion battue par le besoin naturel de dormir en aillant pris le soin de laisser la console allumée, mais en oubliant l’existence du programme d’arrêt automatique au bout de quelques heures sans utilisation de la machine..

Bref, il est clair que DICE devait se racheter des ses errances précédentes, et que le challenge était de taille. Autant le dire tout de suite, le studio a réussi son pari, et pas qu’un peu.

Une campagne criante de vérité

Plutôt que de nous livrer une campagne traditionnelle et linéaire, DICE a opté pour un schéma différent en nous proposant 5 histoires distinctes révélant autant de prismes différents sur la première guerre mondiale. Ainsi, on ne nous fait pas vivre une histoire, mais des histoires dans différents lieux du conflit avec des protagonistes issus de différentes factions. On incarnera ainsi un italien, un australien ou une bédouine par exemple. Il nous est donc proposé une lecture particulière de la guerre et sous plusieurs angles, avec tout de même quelques points communs.

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N’y allons pas par quatre chemins, la campagne est magistrale et réalisée de main de maître. L’intérêt du titre ne réside pas uniquement dans ses qualités intrinsèques de FPS, mais bien dans la façon dont le conflit est traité. C’est un coup de projecteur sur une période sombre de l’histoire, mais surtout sur la manière dont les protagonistes ont vécu les événements. Le studio réussit avec une certaine pudeur à nous montrer les horreurs de la guerre, les séquelles qu’elle a laissé sur les combattants, notamment sur le plan psychologique, après avoir vécu cette absurdité sourde et affreusement réelle. Le joueur est amené à vivre la guerre de manière assez peu ludique, souvent lâché sur le champ de bataille la peur au ventre dans une forme de réalisme presque dérangeant où l’on côtoie la terreur dans les yeux et le comportement des camarades d’infortune, où l’on vit la disparition brutale des êtres chers, où l’on devrait suivre des ordres ineptes donnés par des supérieurs aux abois.

La campagne laisse aussi la place à des actes de bravoure, à la mise en avant de l’honneur et autres valeurs telle la fraternité et la solidarité. Chacun des cinq actes met en valeur des personnages avec des origines, des histoires personnelles différentes et mus par des convictions ou volontés spécifiques. DICE réussit brillamment à poser le décor et les protagonistes au début de chacun des actes qui sont découpés par des éléments cinématiques donnant plus de corps aux histoires.

Il faudrait être une pierre ou un écervelé pour ne pas ressentir de véritables émotions en traversant ces fragments d’histoires. Clairement, on termine ce voyage dans ces cinq coins du conflit quelque peu secoué par les événements et la manière dont le studio a choisi de les traiter.

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De manière plus basique et pragmatique, le solo de Battlefield 1 est l’occasion de pouvoir tester la plupart des armes que l’on retrouvera dans le mode multijoueur, mais pas uniquement. L’un des actes nous propose de vivre une bataille aérienne aux commandes d’un chasseur Bristol F.2A, après avoir appréhendé les bases du pilotage par un petit tutoriel bienvenu pour les réfractaires au contrôle de ce type d’engin. Si vous faîtes partie de ceux dont la durée de vie est inférieure à une minute les rares fois où vous avez osé monter dans une machine volante lors d’un multijoueur sur Battlefield, cette mission vous fera du bien. Vous aurez bien entendu la possibilité de pilonner des positions aux commandes d’un char et même de chevaucher un fidèle destrier sous un astre lunaire qui vous laissera coi. De quoi bien se préparer aux longues sessions à venir en multijoueur.

Par ailleurs, le mode solo vous proposera toujours plusieurs approches grâce à la taille des environnements et à la possibilité de foncer dans le tas ou d’agir avec furtivité. Vous pourrez opter pour un mix des deux en éliminant les premiers ennemis avec discrétion avant de terminer le travail avec un brin plus de brutalité. Vous aurez même l’occasion de devoir réussir une phase s’apparentant à de l’infiltration. Attention, nous sommes tout de même loin d’un Splinter Cell (premier et deuxième du nom), et l’IA des ennemis n’est pas boostée à l’huile de foie de morue. Les ennemis ont par ailleurs la fâcheuse habitude de parler à voix haute alors qu’ils sont absolument seuls au coin d’un feu ou alors qu’ils soulagent leur vessie.

Il faut compter 1h30 à 2h par acte en fonction de votre approche et du niveau de difficulté que vous calibrerez. Bien entendu, la campagne incite à la rejouabilité, notamment pour les collectionneurs en herbe qui souhaiteront mettre la main sur tous les « Manuels de terrain » et réussir toutes les « Entrées de Codex » qui sont des défis à réaliser et grâce auxquels on débloque des succès. Vous trouverez plus d’infos sur les codex et les actions à réaliser sur le nouveau « Compagnon Battlefield ».

Recolle ta rétine

Le solo de Battlefield 1 est tout simplement l’un des plus beaux jeux parus à ce jour sur Xbox One. Les environnements multiples (campagne française, désert, forêt..) font l’objet d’un travail d’orfèvre pour un résultat époustouflant de réalisme. Les cinématiques sont, elles, les plus abouties qu’il m’ait été donné d’admirer. C’est tout bonnement bluffant et on peine à croire qu’un rendu puisse être joliment délivré sur console. Mention toute spéciale à la modélisation des personnages et à leur animation qui réussissent à véhiculer de véritables émotions (regards, rictus, expressions faciales) comme le feraient de véritables acteurs. On apprécie également ce « grain de pellicule » qui colle parfaitement avec la période en conférant aux cinématiques une atmosphère en cohérence avec l’époque où se déroulent les événements.

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Comme on pouvait s’y attendre, le moteur physique est particulièrement efficace, les destructions étant remarquables en solo comme en multi. Merci au moteur Frosbite! Les effets de fumée, les explosions, les effets de lumière et les textures titillent la perfection. Le tout est accompagné par un environnement sonore qui contribue à créer une illusion de réalité. On a le sentiment de marcher véritablement dans la boue, de voler sous de vrais cieux, d’éviter les pluies de balles qui sifflent autour de soi. A certains moments, la campagne nous fait vivre des atrocités dans des cadres somptueux rendant l’horreur presque esthétique.

Les différentes pétoires à notre disposition sont, au-delà de leur modélisation, agréables à utiliser avec des sensations variées et une bonne retranscription des impacts lorsque l’on actionne la gâchette. Pour parler plus simplement, la plupart des armes ont une bonne patate.

Tout de même, il est arrivé à ma One de tousser quelque peu, essentiellement durant un seul des cinq actes de la campagne, avec des ralentissements et des chutes brutales de framerate gâchant quelque peu l’expérience, alors même qu’à l’écran il ne se passait pas grand chose, la console n’étant pas amenée à ce moment-là à afficher moult explosions et éléments multiples.

Un multijoueur solide

Les habitués de la série ne seront pas du tout déboussolés. Les modes de jeu traditionnels tels que la « Conquête » et la « Ruée » sont de la partie, tout comme le team deathmatch ou la « Domination ». Il est possible de créer des parties personnalisées ou comme d’habitude de naviguer sur les serveurs afin de trouver une partie adéquate. Rejoindre ou inviter des amis est plus simple et intuitif que précédemment.

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Le mode « Pigeons de guerre » fait son apparition. Il s’agira ici de trouver un volatile sur une carte et de le garder avec soi suffisamment longtemps afin qu’un message soit rédigé et expédié aux alliés qui pourront ainsi bombarder les positions de nos ennemis. Cette nouveauté implique un vrai travail d’équipe sur des petites maps engageant des escouades réduites de joueurs dans chaque équipe. C’est particulièrement nerveux et peut devenir joyeusement bordélique. Une fois le pigeon libéré, il reste possible de le dégommer afin que le message ne soit pas transmis et que l’équipe adverse ne remporte pas le point.

Autre grande nouveauté, le mode « Opérations ». Ici, on prend part à des des affrontements à grande échelle durant lesquels il s’agira d’attaquer ou de défendre des positions. Les parties sont relativement longues et se déroulent pour le moment sur quatre théâtres d’opération.

Les quatre grandes classes traditionnelles sont présentes avec quelques petites adaptations. Les ingénieurs sont désormais au sein d’une classe intitulée « Assaut », et les médecins, période oblige, sont équipés de seringues d’adrénaline afin de réanimer les coéquipiers. La différence fondamentale réside dans le fait que désormais, ce sont les infirmiers qui ont la capacité de pouvoir réparer les véhicules, et non plus les « Assaut » dont la mission est focalisée sur la destruction des véhicules. Le médic soigne donc les hommes et les machines. On retrouve également les « Eclaireurs » équipés de fusils à longue portée, histoire de faire rager les fantassins courant à découvert, ainsi que les « Soutien » qui ont pour mission essentielle de fournir des munitions à leurs équipiers.

Pour le moment, les serveurs tiennent la route, les maps sont bien calibrées et suffisamment diversifiées pour que l’on ait envie au cours d’une partie de changer de stratégie en fonction de la zone dans laquelle on se trouve, en changeant de classe. Certaines maps particulièrement étendues et offrant des zones à découvert importantes vous inviteront à passer en éclaireur, alors que si vous êtes sur un autre point de la carte, il sera plus judicieux d’être à même de détruire les véhicules ou de soigner ses camarades de faction.

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Durant la bataille, le terrain des opérations est amené à évoluer, avec l’apparition d’un brouillard à couper à la baïonnette ou d’un Zeppelin. Nous n’en diront pas plus histoire de vous laisser découvrir ces changements en cours de jeu. Système de DLC oblige, il y a assez peu de cartes disponibles au départ, mais elle sont suffisantes pour de longues sessions sur les deux mois à venir avant la mise à disposition d’une nouvelle map (gratuite).

Les armes sont relativement nombreuses et adaptées aux différentes classes, mais il aurait été appréciable d’avoir d’emblée un peu plus de choix. Les battlepacks ont également été revus. Il ne s’agit plus ici de récompenses lorsque l’on augmente de niveau, mais de cadeaux aléatoires que l’on peut obtenir en fin de partie. Ils comprennent essentiellement des skins d’armes qui n’ont pas d’impact sur les performances des outils de destruction, mais sont de simples modifications esthétiques. En matière de personnalisation des armes, celle-ci est assez limitée, ne permettant pas de configurer avec finesse son flingue favori. Ceci étant, cela semble cohérent avec la période, même si une certaine créativité existait dans la création des pétoires.

Techniquement, c’est solide, efficace, et les soucis de tickrate ont disparu. DICE nous offre un multijoueur assez complet au démarrage et les compléments payants à venir prolongeront le plaisir des joueurs. Un regret tout de même : avec Star Wars Battlefront, DICE a excellé dans l’accès quasi immédiat à des parties en multijoueur. Nous rêvions que cela se reproduise dans ce Battlefield 1, mais ce n’est pas le cas, même si la durée de recherche est tout à fait acceptable.

Une polémique à 3 balles

Il est difficile d’évoquer ce Battlefield 1 sans aborder la polémique due à l’absence des forces françaises dans la version de base du jeu. Certains appellent au boycott, ont lancé des pétitions, et sur les réseaux sociaux on a pu lire que DICE ré-écrivait l’histoire ou faisait preuve, certains n’ayant pas peur des mots, d’une forme de « révisionnisme ». Le studio a eu beau évoquer la présence française dans les DLC à venir, impossible d’éteindre le feu des critiques de quelques irréductibles ravis de vociférer, considérant avoir trouvé un bel os à ronger.

Ces propos et élucubrations sont tout bonnement infondés et stupides. Comme évoqué précédemment, le traitement de cette première guerre mondiale est un parti pris multipolaire à la fois en termes de protagonistes que de zones de guerre, et nombre de pays sont absents du paysage. Oui, la guerre a fait rage sur notre sol et les poilus ne comptent pas pour des prunes. Ceci étant, après avoir terminé la campagne, il est clair que DICE n’a pas voulu raconter la guerre de A à Z et faire un cours d’histoire, mais bien proposer des histoires d’une guerre.

Il semble que même si DICE a étonnamment réussi à retranscrire des petits bouts d’horreur de la guerre, la vocation du studio n’était pas de traiter les faits historiques en racontant l’histoire des poilus, et on peut s’interroger sur la nécessité pour le jeu vidéo de devoir traiter un sujet sous un angle spécifique. Cela reste une oeuvre que l’on peut qualifier d’artistique et non pas un cours d’histoire-géo quand bien même les développeurs nous emmènent à différents endroits du conflit. D’ailleurs, une campagne classique mettant à l’honneur un poilu sur un champ de bataille uniquement français aurait été l’option la plus simpliste à mettre en oeuvre en restant bien dans les sentiers battus et sans prendre aucun risque. Cela aurait aussi engendré d’occulter la vision macro d’un conflit qui ne s’est évidemment pas déroulé que sur notre sol.

Ceci étant, que cette horde de grincheux ne soit pas présente sur les serveurs de Battlefield 1 n’est pas une tragédie en soi, loin de là. On a envie de leur rappeler que pour avoir accès à l’histoire avec un grand « H », des gens dont c’est le métier, les historiens, ont beaucoup travaillé sur le sujet, et la source est bien là et pas ailleurs. Pour aller plus loin, il y a fort à parier que l’approche de DICE donne justement envie à de nombreux joueurs de se réapproprier l’Histoire, le nez dans les bouquins.

Battlefield 1 est incontestablement un très grand FPS, et certainement le plus intéressant de cette fin d’année. Oui, Titanfall 2 c’est pour très bientôt et Call of Duty paraîtra le mois prochain, mais on peine à croire que ces deux titres puissent offrir autant de profondeur et d’intensité, et réussir à rivaliser avec le joyau proposé par DICE. Un must have qui approche la perfection !!

2016 aura gâté les amateurs de FPS avec un reboot très convaincant de Doom et le retour au sommet de la série Battlefield. La fête vraie!

Vous n’aimerez pas Battlefield 1 si :

  • Vous préférez les jeux avec des petits poneys
  • Vous détestez les FPS militaires de qualité
  • Votre secte vidéoludique vous contraint de ne pas toucher à des titres faisant référence au siècle dernier
  • Vous préférez vous cacher derrière votre mauvaise foi
  • Vous n’aimez pas les jeux vidéo

Incontournable

 

Les Plus : Les Moins :
  • Une campagne magistrale!
  • Une qualité visuelle difficilement égalable
  • Gameplay varié et toujours efficace
  • Un multijoueur solide avec quelques nouveautés
  • La présence d’une mission aux commandes d’un engin volant, enfin !
  • Quelques toussotements de la One
  • Une IA perfectible lors des phases furtives
  • C’est tout !

*Test réalisé à partir d’une version commerciale achetée avec les sous du testeur

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Lonesome stormtrooper à l'épreuve des balles, venant d'une galaxie lointaine, très lointaine...

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    Buckshot
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    Le trailer de Battlefield 1, c’est un peu plus de 13 millions de vues depuis sa mise en ligne le 12 juin dernier. C’est beaucoup moins que celui de Ca
    [Lire l’article : Battlefield 1 : une oeuvre magistrale et sublime !]

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