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Destiny 2 : Vers la Lumière et au-delà…

Il y a déjà trois ans sortait le nouveau bébé du studio Bungie. L’éditeur de Destiny, Activision, a mis le paquet sur la promotion d’une licence devant s’étirer sur une dizaine d’années. Le jeu a connu un franc succès, détenant même durant quelques mois le titre honorifique de « meilleur lancement d’une nouvelle franchise ». Au bout des quatre extensions proposées, il était clair que Destiny nous faisait tourner en rond et que la lassitude s’était grandement installée. Destiny 2 est enfin là et nous allons enfin savoir si cette seconde itération en a suffisamment sous l’armure pour raviver nos petites lumières..

  • Date de sortie : 6 septembre 2017
  • Editeur : Activision
  • Développeur : Bungie
  • Genre : FPS-MMORPG
  • Prix : 69,99€
  • PEGI : +16
  • DisponibilitéVersion physique et dématérialisée

La minute éthique

Rédiger un test sur Destiny après une quarantaine d’heures de jeu, est-ce bien sérieux ? Vous le savez, Destiny est un jeu  « poupée-russe » où l’on découvre au fil du temps du contenu et des activités. Le Raid a été rendu disponible une semaine après la sortie du jeu et il ne sera possible de prêter allégeance à des factions qu’à la fin de ce mois. Il est par ailleurs fort probable qu’en amont des DLC, de nombreuses nouveautés soient intégrées. Il s’agit bien d’un jeu qui s’apprécie dans la durée et qui n’a pas véritablement un début et une fin.

Ceci étant, il semble tout de même possible après avoir bouclé la campagne, réalisé de nombreuses quêtes et activités et être venu à bout de la 1ère « Nuit Noire », le tout en une quarantaine d’heures, de rendre un premier avis, qui pourra être évidemment complété au gré des évolutions proposées par la team Bungie.

La quête du rachat

Dans Destiny, on enchaînait les missions de la campagne sans véritable plaisir (hormis celui de rosser les ennemis) ni un véritable attachement pour le personnage que l’on incarnait. On se retrouvait ballotté de planète en planète sans que le scénario ne nous justifie suffisamment clairement ces déplacements. Le mode histoire en solo ou à plusieurs était bouclé en quelques heures, sans que l’on en retienne des éléments marquants. C’était plutôt un mode de jeu permettant de poser un cadre, des contextes, et d’appréhender le gameplay, mais pas vraiment ce que l’on pouvait appeler une campagne.

Les critiques n’ont pas tardé sur ce point et on a appris quelques mois plus tard que les conditions d’écriture du scénario n’ont pas complètement permis au studio de rendre un jeu avec une trame cohérente, mais juste un puzzle d’histoires dispersées sans fil conducteur réel. Bungie devait donc se racheter, et il n’est pas nécessaire de faire durer le suspense très longtemps, car c’est chose faite, et avec brio !

Si vous avez taquiné la bêta ou suivi les actualités autour de Destiny 2, vous connaissez le pitch. La Tour a été attaquée et le Voyageur, ce protecteur qui veille sur l’humanité et confie la lumière aux valeureux Gardiens, se retrouve entravé par une machine aussi gigantesque qu’impressionnante. Pire, alors que vous tentez de venir  la rescousse de vos acolytes, et de comprendre ce qui se déroule, vous faîtes face à un nouvel ennemi – Ghaul, un commandant Cabal à la tête de la Légion Rouge – qui vous prive de votre lumière et vous balance sans vergogne dans un vide abyssal..

Coup d’épaule digne d’un Titan

C’est à partir de là que Bungie te balance des mandales monumentales dans la tronche. Oui, cela faisait bien longtemps qu’une campagne solo proposée par ce studio avait généré autant d’imprégnation. Une fois délesté par cette infâme brute de notre lumière qui fait de nous, gardiens, des êtres d’exception, nous nous retrouvons dans ce qu’il reste de la cité que l’on apercevait au préalable de loin, du haut de la Tour. Tout est horreur, dévastation, faiblesse et angoisse, le tout accompagné d’une bande-son vous déchirant le cœur et rythmant la démarche souffreteuse et erratique de notre gardien sans pouvoir, et désormais humanisé.

Mandales dans la tronche parce-que tout simplement le jeu est beau, fluide, avec des environnements tous plus attrayants les uns que les autres alors que précédemment seule Venus égayait les rétines dans les aventures du premier opus. Désormais, c’est Nessos qui remporte la palme du plus bel endroit à visiter. Mandales parce-que la bande originale qui accompagne le mode histoire est très efficace, diversifiée, prenante, précise et toujours fort à propos. Les mélodies font véritablement corps avec l’action et renforcent l’immersion du joueur.

C’est joli, non?

Mandales parce-qu’un travail d’orfèvre a été réalisé sur les bruitages allant du son des pétoires – mon Dieu Lance du Graviton, cette folie – aux cris des ennemis, en passant par le bruit des vaisseaux ou celui produit lors des phases d’utilisation des pouvoirs. C’est un peu comme si le studio avait tout repris et amplifié. D’ailleurs, il semblerait que quelques hérétiques continuent à jouer avec simplement le son de leur téléviseur, voire d’un barre de son ou d’un système 7.1. Je vous en supplie, achetez-vous un casque de qualité, ça vous changera la vie.

En parlant d’amplification, si on peut regretter le fait que le jeu ne nous propose que trop peu de nouveaux types d’ennemis, il est clair que le bestiaire que l’on connaît parfaitement sur Destiny a connu quelques évolutions. En effet, les prêtresses ont abusé du Ginseng,  les Cabals ont pris des stéroïdes anabolisants, les esclaves sont sous MDMA, les psions se sont gavés de cocaïne et les Déchus, en manque de Magnesium, sont plus vénères que jamais.

Vous rajoutez à cela le respect de la promesse de Bungie avec un vrai scénario allant d’un point A à un point B, cohérent, haletant, avec des moments épiques et une bonne gestion du rythme, et vous obtenez une vraie bonne campagne. On alterne donc les temps forts ou plus calmes, à pied ou en véhicules. Véhicules au pluriel car on ne se contentera plus que du simple passereau, mais on pourra piloter d’autres engins particulièrement maniables et dévastateurs. Autre élément du cahier des charges respecté, les cinématiques. Elles sont nombreuses et d’une qualité rarement atteinte, et par-dessus tout confèrent aux personnages, y compris secondaires, une vraie densité, tout en communiquant parfaitement les diverses émotions de chacun. Si on est pointilleux, on regrettera la présence de petits temps de chargement suite aux cinématiques qui brisent un poil le rythme. Une mention spéciale au doublage français remarquable, même-si la synchronisation labiale n’atteint pas la perfection.

Mieux encore, on a le sentiment que Bungie a retrouvé quelque peu son ADN, et à certains moments du jeu, si vous avez joué à Halo, vous ne pourrez pas faire l’autruche et ne pas trouver de similitudes avec des passages mémorables nichés au cœur des campagnes du soap opéra créé et développé par Bungie avant sa cession à Microsoft (licence confiée désormais à 343 Industries). Mieux, certaines phases extatiques que l’on retrouvait dans le FPS estampillé Xbox, pointent le bout de leur nez régulièrement durant la campagne, même si celles-ci manquent d’intensité, la faute à des vagues d’ennemis pas suffisamment fournies.

Un déséquilibre dans la Lumière ?

Tout n’est pas cependant exempt de reproches. Destiny étant par essence un univers ultra connecté au sein duquel un énorme bac à sable nous permet de faire des sauts de puces entre moult activités, très tôt durant la campagne, le joueur reçoit des appels du pied l’incitant à aller faire autre chose que de suivre l’intrigue principale. D’ailleurs, la réalisation de missions de la campagne nécessitant d’avoir atteint un certain niveau, on est contraint d’aller voir ailleurs, histoire d’améliorer son stuff.

Votre lumière vacillera rarement si vous êtes over stuffé

Cela apporte un certain déséquilibre au jeu dans la mesure où plus le joueur réalise des activités extra-trame principale, plus le niveau de son personnage augmente et plus la campagne devient facile. Il aurait été souhaitable que la difficulté du mode histoire s’adapte aux galons glanés par le joueur, de sorte que le boss de fin ne soit pas plié en deux-deux, du fait de capacités sur-développées au regard du niveau nécessaire pour atteindre l’objectif. Dans mon cas, le combat final a été gâché, mon titan commençant à trop peser dans le game, et le boss faisant ainsi office de vulgaire moustique taquin à dégommer. Un conseil donc, gérez bien votre progression et foncez vers les missions du mode histoire dès que vous avez atteint le niveau minimum requis, même si la tentation est grande d’aller expérimenter les multiples distractions.

Etonnamment, autant refaire la campagne avec un nouveau personnage pouvait sembler fastidieux dans Destiny, il me tarde presque de m’y replonger avec un chasseur ou un arcaniste ! Oui, j’appartiens à la team Titan.

Des cookies pour les fans

Si Destiny 2 nous propose d’une certaine façon d’effacer une page et de repartir de zéro, Bungie vous permettra de retrouver votre (vos) gardien (s), tout en vous offrant la possibilité de redéfinir leur apparence avec une gamme élargie de possibilités. Mieux, vous pourrez vous replonger dans vos souvenirs, le jeu vous mettant face à vos exploits précédents, tout en y intégrant la composition de l’équipe avec laquelle vous avez accompli tel ou tel fait d’armes.

Fragment de souvenir avec Steph et Max, mes fidèles co-gardiens

Ceci étant, vous le savez, Destiny, c’est bien autre chose qu’un mode histoire. On retrouve dans ce nouvel opus toutes les activités traditionnelles présentes préalablement : le multijoueur PvP, les patrouilles, les événements publics, les missions, les assauts épiques, les assauts « Nuit Noire » et un tout premier Raid. Petite nouveauté ici avec l’arrivée des « Aventures ». Ce sont des mini-missions qui permettront entre les missions de la trame principale de débloquer de nouveaux équipements ou d’améliorer sa doctrine (utilisation des pouvoirs). Mais l’évolution la plus notable et la plus louable est – mazel tov, choukran beaucoup, oh my god – la possibilité enfin, de pouvoir aller d’activités en activités sans avoir à repasser par la mise en orbite, même lorsque l’on va d’une planète à l’autre !! Merci qui ? De plus, les temps de chargement ont largement été réduits, et l’on passe moins de temps au sein de son vaisseau à admirer, l’oeil torve, le paysage intergalactique.

On notera que les assauts épiques semblent un brin plus structurés et travaillés que précédemment. Le Pyramidion reste celui qui aura le plus retenu l’attention de votre serviteur durant ces premières heures sur Destiny 2.

 

Casu es-tu là ?

Pour un joueur aguerri de Destiny, les premiers jours de jeu donnent un sentiment de « casualitute ». En effet, les cartes révèlent d’emblée l’emplacement des événements publics et le moment où ils se déclencheront. Il sera même possible d’utiliser la fonction « déplacement rapide » pour se téléporter à proximité du champ de bataille. Il est ainsi possible d’enchaîner les événements et de looter plus aisément et ainsi améliorer ses équipements beaucoup plus rapidement. Quoique l’on en pense, cela facilite grandement les choses et permet d’optimiser le temps de jeu dans la mesure où lors de sessions de courte durée, il sera possible de réaliser bien plus d’activités qu’au préalable. Il faut noter que les cartes renseignent également l’emplacement des coffres et des grottes. Ces grottes font partie des nouveautés et elles permettront d’aller botter le train d’un boss et de pouvoir récupérer l’accès à un coffre recelant plus d’éléments que dans les caches classiques.

Pas forcément l’arme exotique la plus efficace, mais joliment designée

Par ailleurs, Il semble que Bungie ait souhaité récompenser plus rapidement et plus souvent les joueurs. De nombreuses quêtes permettent d’obtenir très tôt de l’équipement exotique (armes ou armures), et les engrammes du même type peuvent être lootés plus fréquemment qu’à l’accoutumée. Tous ces éléments rendent le jeu plus accessible à tous, tout en demandant a priori un peu moins d’investissement en termes de temps de jeu. Dans le même ordre d’idée, il n’est plus nécessaire de faire « monter » ses armes ou ses armures, c’est-à-dire débloquer l’ensemble de leurs atouts en les utilisant suffisamment longtemps, tout en dépensant des ressources (spécifiques à chacune d’entre elles) qu’il était nécessaire de collecter sur différentes planètes. En effet, tous les atouts des armes et armures sont accessibles dès qu’elles sont lootées. La seule différence est la possibilité d’installer des « mods » sur l’ensemble des équipements et ainsi en fonction des situations, améliorer l’utilisation des compétences de doctrine, ou modifier le type d’énergie assignée à une arme par exemple.

Back to the Night Fall, baby !

De « casualitude », il n’est cependant plus question dès que l’on commence à passer aux choses sérieuses. Le premier assaut « Nuit Noire » proposé à partir du niveau de lumière 240 donne un peu de fil à retordre lors du premier essai, d’autant plus si le niveau du joueur est proche de celui recommandé. A partir de 250/255 les choses deviennent plus aisées, mais le challenge reste réel. On conserve les yeux braqués sur le timer tout en éliminant le plus d’ennemis possibles pour arriver enfin à l’ultime boss et pouvoir le clouer au sol le plus rapidement possible, sous peine de voir la clepsydre virtuelle définitivement vide et synonyme d’échec parce-que l’on aura mis trop de temps à terminer l’objectif. Les choses se corsent lorsque certaines quêtes nous proposent de terminer ce type d’assauts avec 5 minutes restantes au compteur. Personnellement, avec mes plus fidèles frères d’armes sur Destiny, nous avons terminé notre première « Nuit Noire » avec un timer affichant 4 secondes restantes, autant dire que nous avons collectivement retrouvé à ce moment-là les valeurs et éléments qui nous animaient dans Destiny premier du nom, à savoir : solidarité, persévérance, développement du skill et gros shoot d’adrénaline.

S’escarmoucher

Destiny 2 s’accompagne bien entendu d’un multijoueur PvP qui n’a pas encore délivré tous ses contours. Il est d’ores et déjà possible de s’affronter dans un mode classique (domination, death match) et dans un autre qualifié de « compétitif ». La taille des équipes a été revue à la baisse et désormais, c’est du 4 vs 4 qui est au programme. Si cela pouvait sembler décevant a priori, force est de constater que la taille des équipes est bien adaptée aux modes de jeu proposés et surtout à la taille des maps consacrées au multijoueur.

Dans le multijoueur compétitif, un mode a retenu l’attention : le death match. Chaque équipe dispose de 7 vies au début de chaque manche. Lorsqu’une équipe n’a plus de crédits de vie, tout joueur mis à terre ne pourra pas revenir en jeu, et l’équipe qui remporte la manche est celle qui comprend au moins un gardien en vie à la fin de celle-ci. La partie se gagne au meilleur des 7 manches et peut vraiment permettre de vivre des sessions particulièrement nerveuses et au suspense intense, pour peu que les talents soient équilibrés dans les deux équipes qui s’affrontent.

Fiat lux ?

C’est un grand oui pour le moment ! Destiny 2 propose une vraie campagne à apprécier en solo ou à plusieurs. On retrouve l’esprit de la franchise avec un gameplay toujours aussi efficace et de nouvelles doctrines à expérimenter par les gardiens. Les nouveaux mondes proposés flattent la rétine et le sound design tutoie les sommets. Les fans hardcore seront peut-être désappointés par le fait que Bungie ait souhaité rendre Destiny 2 plus accessible et plus généreux en termes de récompenses que son prédécesseur. Dans tous les cas, il reste un peu tôt pour avoir un avis définitif sur un jeu dont on ne voit que la partie émergée. Pour le moment, en tout cas, la satisfaction est de mise.

Les dents grincent quelque peu au sujet des microtransactions et de la possibilité d’acheter avec des euros non pas virtuels, mais bien réels, des éléments cosmétiques pour les armes et armures. Pour être honnête, je me suis pour le moment assez peu attaché aux éléments esthétiques et mon personnage regorge de skins multiples à appliquer, sans ressentir le besoin de passer à la caisse.

Si vous avez adoré Destiny, cette nouvelle itération vous comblera probablement. Les déçus du premier volet sont invités à venir y faire un tour, Bungie ayant vraiment revu l’intégralité de sa copie, notamment en ce qui concerne le mode histoire. Quant aux grincheux, laissons-les « grincher » et ne boudons pas notre plaisir.

Que la lumière soit avec vous Gardiens !

 

IncontournableVous n’aimerez pas Destiny 2 si :

  • Vous avez détesté Destiny
  • Vous jouez maximum 10 heures par mois
  • Vous fuyez les activités potentiellement répétitives
  • Vous appartenez à la team grincheux

 

Les Plus de Destiny 2 : Les Moins de Destiny 2 :
  • Du Destiny +++
  • Une vraie campagne, enfin !
  • Des dizaines d’heures de jeu en perspective
  • Un gameplay aux petits oignons
  • Une tonne de nouvelles armes personnalisables avec des skins
  • Bande-son et sound-design
  • Des temps de chargement réduits
  • Une direction artistique de grande qualité
  • Des cinématiques à couper le souffle
  • Un brin plus accessible et « facile »
  • Un bestiaire insuffisamment renouvelé
  • Vivement de nouvelles doctrines..
  • Quelqu’un a des nouvelles du grimoire?

*Test réalisé à partir d’une version commerciale achetée avec les sous du testeur

 

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Lonesome stormtrooper à l'épreuve des balles, venant d'une galaxie lointaine, très lointaine...

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    Il y a déjà trois ans sortait le nouveau bébé du studio Bungie. L’éditeur de Destiny, Activision, a mis le paquet sur la promotion d’une licence devan
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