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Doom : l’enfer te veut du bien !

Doom, quatre lettres qui symbolisent le basculement du jeu vidéo dans la 3D et la naissance du FPS. Quatre lettres qui ont le doux parfum d’une époque déjà lointaine à passer des heures devant l’écran cathodique d’un PC dont les caractéristiques font mourir de rire le moindre smartphone bas de gamme. Quatre lettres qui, n’ayons pas peur des mots, constituent la quintessence du FPS.

Doom

  • Date de sortie : 13 mai 2016
  • Editeur : Bethesda
  • Développeur : id Software
  • Genre : FPS
  • Prix : 69,99€
  • PEGI : +18
  • DisponibilitéVersion physique et dématérialisée

Nous n’allons pas vous refaire toute l’histoire, mais la paire de John (Carmack et Romero) est à l’origine d’une révolution vidéoludique avec la création de Wolfenstein 3D d’abord, puis peu de temps après de Doom et Quake, qu’ils ont développé au sein de id Software, studio de développement dont ils sont co-fondateurs. Ils sont vite devenus des icônes, des rock stars du jeu vidéo, et c’était amplement mérité. Le 1er Doom, c’était en 1993 donc, il y a une éternité. A l’époque id Software a écoulé 2 millions de copies commerciales, et parallèlement, ce sont 10 millions de téléchargements effectués la première année. Des chiffres à faire pâlir d’envie de nombreux éditeurs. La série s’est rapidement développée avec Doom 2 et ses extensions entre 1994 et 1996.

Il a fallu attendre 2004 pour enfin voir sortir Doom 3 qui n’a pas forcément comblé les attentes, le jeu basculant dans le survival-horror, malgré une technique toujours aussi bien maîtrisée. Carmack et Romero sont désormais bien loin de leur bébé id Software passé sous le giron de Bethesda via Zenimax. Alors oui, vous l’aurez compris, l’attente était aussi forte que l’appréhension au moment de découvrir ce que ce reboot de Doom a dans les entrailles en ce fameux Doomsday, jour du jugement dernier, et notre jugement, nous allons le partager avec vous !

Highway to Hell

Le pitch ? Vous vous réveillez enchaîné dans un complexe installé sur Mars et appartenant à l’UAC (Union Aerospace Corporation). Vous n’aurez pas le temps de vous frotter les yeux, ni de vous étirer puisque vous serez immédiatement assailli par des créatures du mal qui auront envie de faire de vous un ptit déjeuner goûtu. Le temps de les éliminer et de récupérer une armure et un flingue (vous n’alliez tout de même pas rester en slip), vous partez à la découverte de ce qui se trame.

Highway To Hell

Samuel Hayden, seul survivant et dirigeant du complexe industriel martien de production d’énergie vous propose rapidement son aide. Il vous apprend que tous les occupants de la base sont morts ou transformés en créatures errantes, la faute à Olivia Pierce, responsable du projet scientifique Lazarus, qui a libéré des centaines de monstres (qui se lèvent et marchent, ou plutôt se ruent sur vous) en activant un obscur portail.. Ce portail mène vers l’enfer, les monstres sont donc démoniaques et n’ont pas envie de se laisser faire. Le concept est posé, vous n’êtes pas là pour beurrer des tartines.

Fast and Furious

Dans Doom, le scénario n’est qu’un prétexte ayant pour unique but de vous plonger dans un abîme rouge sang. Ne passons pas par quatre chemins, Doom c’est du PFS pur et dur ayant conservé la saveur et les fondamentaux d’antan auxquels des éléments contemporains ont été ajoutés. On retrouve un affichage épuré avec le strict minimum à l’écran vous permettant de vous focaliser sur l’essentiel. Vous aurez le choix entre plusieurs niveaux de difficulté, comme toujours bien trouvés dans les titres de développés par id Software : Bleusaille, Fais-moi mal, Ultraviolence, Cauchemar et Ultra cauchemar. Le dernier niveau ne se débloque qu’une fois la campagne terminée, et de l’aveu même des développeurs, aucun d’entre eux n’a réussi à terminer le jeu en Ultra cauchemar, vous êtes prévenu. Il faut noter qu’en cas de décès en Ultra cauchemar, le game est over, vous ne pourrez réapparaître qu’en début de mission (pas de partie), les sauvegardes n’étant possibles qu’en fin de mission.

Doom, c’est frénétique, jouissif, brutal et extatique ! Une folie pure qui procure des sensations de jeu proches de la petite mort (la jouissance quoi), le tout accompagné par une bande-son extraordinaire qui colle parfaitement aux événements et au gameplay vif et nerveux. Les premières heures de jeu sont absolument démentes. Oui, Doom est une expérience physique et sensorielle. On arrive au bout de certains passages essoufflé, le coeur battant la chamade et les poils se hérissant sur tout le corps. On pose la manette, on respire, on se détend les doigts et la nuque, et c’est reparti pour un tour. Oui, j’avoue, j’ai eu des frissons par moments, des vrais. Des sensations trop peu éprouvées désormais en jouant à des FPS, et qui rappellent les meilleures heures passées sur Halo il y a trop longtemps, à une époque où il était grisant de vaincre des vagues d’ennemis.

L’école du skill d’argent

La configuration par défaut des touches du pad est assez étrange, et les habitués des FPS opteront pour une autre config prédéfinie dénommée « Phalanges ». On peut être quelque peu déboussolé au départ, et il est nécessaire de prendre ses marques. On est bien dans un FPS à l’ancienne avec une barre de vie qui ne se recharge pas si on se met à couvert, mais que l’on améliorera en récupérant des kits de soin. En complément, vous pourrez ramasser des pièces d’armures renforçant votre capacité à encaisser le feu incessant des attaques ennemies. Par ailleurs, il n’y a pas de radar indiquant la position des adversaires, vous devrez tendre l’oreille et être aux aguets en permanence. Enfin, pas de touche pour recharger les armes, la touche « X » ayant une toute autre fonction festive que nous vous laisseront découvrir.

Mitrailleuse

D’ailleurs, après quelques minutes de jeu, on comprend logiquement l’absence de reload, l’essentiel étant d’aller vite, très vite ! Les déplacements sont la clef de voûte de Doom et vous devrez sans cesse être en mouvement pour vous défaire du rouleau compresseur ennemi. Donc, pas de je me planque derrière un mur pour sortir mon fusil de sniper, ni de progression pas à pas, mais du mouvement, toujours du mouvement. Les mouvements et déplacements de votre avatar sont rapides (vous pouvez faire quelques réglages de sensibilité).

Le corps à corps est également un élément essentiel du gameplay. Au-delà des animations variées et plaisantes des glory kills, ces « finish him » permettent de récupérer des munitions (voire même des pièces d’armure) sur les ennemis éventrés et/ou déchiquetés par vos petites mains agiles. Il vous faudra donc en fonction des situations opter pour achever les démons tout mignons avec vos armes ou en allant vous frotter à eux dans une proximité sanguinolante. Il vous sera également possible d’utiliser des pouvoirs que vous trouverez dans les arènes et qui vous transformeront pour quelques instants en une brute invincible ou en un marine dont les dégâts infligés seront boostés. Enfin, les doubles jumps sont de la partie, tout comme la capacité à s’accrocher aux éléments pour y grimper.

Les armes sont variées et apportent toutes de bonnes sensations. Vous pourrez les faire évoluer en gagnant de l’XP durant les missions, en réalisant des défis, et en trouvant des modules offrant ainsi la possibilité de les configurer en fonction de votre façon de jouer. Le shotgun reste un incontournable, tout comme le lance-roquettes, et on a le plaisir d’avoir entre autres le légendaire BFG qui met fin en un instant aux velléités de vos amis démoniaques. Sans trop spoiler, vous aurez à faire à des boss qui vous donneront plus ou moins de fil à retordre.

Figurine

Le challenge est partout, l’on retrouve même du jeu dans le jeu avec la présence de Runes à dénicher proposant des défis qui vous conféreront une habileté supplémentaire si vous les réussissez. Certains d’entre eux sont vraiment difficiles, et il est essentiel de les débloquer pour faire évoluer votre personnage. Patience, respiration par le ventre et tisane donc. Aussi, vous devrez pour perfectionner votre armure Preator, collecter des éléments indispensables à votre progression : les cellules argent ainsi que des jetons récupérées sur des gardes d’élite décédés. Améliorer votre capacité de cartographe vous aidera en la matière en dévoilant les différents emplacements sur les maps. Enfin, les amateurs d’éléments à collecter trouveront également leur bonheur avec des rapports donnant un peu de corps au background du jeu, ainsi que des figurines de spartans marines trop choupis. Evidemment, pas mal d’easter eggs ont été disséminés par les développeurs et concernent notamment le Doom original.

Doom est le petit royaume des amoureux du FPS qui offre du challenge. La difficulté est réelle si vous optez dès votre premier run pour les modes Ultraviolence ou Cauchemar.

Chic planète

Doom est très joli, certes, mais ce n’est pas une claque graphique sur Xbox One. Les environnements intérieurs et extérieurs ont été fignolés avec soin et l’on se surprend à admirer certains décors entre deux arènes de combat. Le rouge est la couleur dominante, Mars, Enfer et hémoglobine oblige. Le bestiaire ennemi est diversifié et leur modélisation est bluffante de « vérité », notamment lors des glory kills permettant d’être si près d’eux (et de sentir leur haleine. Je déconne, bien entendu).

Décor

Le moteur id Tech Engine 6 fait le boulot sans jamais toussoter. C’est archi fluide et aucun problème d’affichage de textures, de chute de framerate n’a été rencontré, y compris lors d’affrontements avec la présence de multiples ennemis et explosions diverses à l’écran. C’est également un plaisir pour les oreilles. Doom doit impérativement être joué avec un casque afin de se plonger dans l’atmosphère et repérer les ennemis dans l’espace grâce aux bruits de leurs déplacements ou leurs cris. Encore une fois la bande originale du jeu composée par Mick Gordon (Wolfenstein, Killer Instinct) au sommet de son art vous fera rugir de plaisir durant les gunfights. Même sans être un fan de heavy métal, on ne peut qu’adhérer à la cohérence entre le gameplay, les environnements et le décor musical qui fracasse les tympans alors que l’on démembre les démons à la chaîne.

Enfin, aucun souci rencontré avec l’IA. Chaque type d’ennemi possède un comportement singulier, même si leur seul objectif à tous est uniquement de foncer droit sur vous, parfois en meute, en vous encerclant.

Doom, c’est mieux à plusieurs ?

Non, vous n’achèterez pas Doom pour son multijoueur. Ayant eu la chance de participer à l’Alpha fermée, j’avais clairement apprécié le gameplay vif et nerveux que l’on retrouve dans le solo et y avait passé pas mal de temps, et même pris du plaisir. Venu le temps de la bêta, j’avais passé mon tour, estomaqué par la customisation du personnage (qui n’était pas disponible dans le cadre de l’Alpha) qui rappelle évidemment trop, trop et trop un spartan.

Certes, un test d’un multijoueur à réaliser dans de courts délais est frustrant quand on a entre les mains un jeu qui propose un vrai solo sur lequel on a envie de revenir pour un second run avec une difficulté plus élevée. Par ailleurs, hormis les jeux only multi, je considère que ce mode de jeu doit s’apprécier dans la durée grâce à la courbe de progression, l’envie ou pas d’y revenir, l’évolution du contenu et de la qualité des serveurs. Ceci étant, pour le moment, je considère le multi de Doom comme étant clairement dispensable. On a certes des sensations sympas et ceux qui aiment passer du temps à customiser leurs armes et armures y trouveront leur compte. Il y a également quelques idées intéressantes comme les modules de piratage (bonus à utiliser en cours de jeu). Aussi, il est possible d’incarner une créature de l’enfer et prendre son pied à déchiqueter les joueurs adverses qui fuient ou tentent de nous abattre. Mais après avoir passé des moments épiques sur le solo, le multi fait office de dessert peu ragoûtant pour lequel on ne demandera pas à être resservi.

Multi_Doom

On a donc un multi basique avec 5 modes de jeu, dont des grands classiques de type « Deathmatch » ou « Domination », mais également des modes novateurs sans que cela ne soit très révolutionnaire. Le mode domination est celui sur lequel je me suis attardé, appréciant généralement les modes de jeu à objectifs. Une certaine frustration provient de la lenteur des serveurs pour l’accès au matchmaking, la faute à la mauvaise habitude donnée par des systèmes bien plus efficaces que l’on retrouve sur StarWars Battlefront par exemple. Elle est également due au faible nombre de maps proposées dès le départ, DLCs à venir oblige.

Doom it yourself

Avec SnapMap, id Software offre la possibilité aux créateurs de maps en herbe de créer des environnements jouables et de les partager. Grâce à un système accessible à tous, on peut assez rapidement obtenir un résultat gratifiant, et tout y est : on créé sa map, on définit les ennemis à affronter, la possibilité de jouer notamment en solo ou en coop, les armes disponibles, et on dispose les ressources telles que les packs de soin ou les munitions. En quelques mots, on créé son mini Doom à soi !

Les maps publiées par la communauté sont visibles par tous et on peut les essayer. Un système de vote permet de repérer les créations les plus jouées et/ou appréciées. Il est clair que la créativité est présente et les résultats sont intéressants car l’on ne trouve pas uniquement des zones de frag. Un joueur a par exemple créé une map permettant en équipe de jouer de la musique en disposant un piano, une boîte à rythme et des cymbales que l’on actionne avec les touches du pad. Il y a fort à parier que quelques pépites seront partagées dans les jours et semaines à venir par la communauté. N’hésitez vraiment pas à y faire un tour !

Jugement dernier

Doom est une grande réussite, un grand FPS oldschool, brut et contemporain à côté duquel il serait dommage de passer. Un solo où les sensations sont enfin de retour et où l’on fait corps avec son personnage dans des arènes joliment dessinées, où se déchirent le ciel et les membres des démons. On regrette simplement que dans les deux derniers chapitres du jeu le degré de difficulté diminue quelque peu du fait de la toute puissance développée par notre marine. En effet, le niveau des ennemis n’augmente pas, mais uniquement leur quantité. Cela corse les choses certes, mais pas suffisamment pour que l’on n’ait pas envie d’augmenter la difficulté en arrivant au bout de l’histoire. Etrange.

Complétez le tout par une rejouabilité réelle et une ambiance sonore tout bonnement démentielle et vous obtenez l’un des tous meilleurs FPS de ces dernières années, et même tout simplement le meilleur FPS solo de cette génération de consoles. Comptez une vingtaine d’heures en difficulté normale ou supérieure, dans le cas où vous prendriez le temps d’aller à la recherche des éléments à collecter.

Alors, certes, vous consacrerez probablement peu de temps au multi, mais je vous avouerais que cela importe peu dans mon opinion globale sur le jeu car je n’en attendais pas grand chose et que l’essentiel est dans le cauchemar solo.

IncontournableVous n’aimerez pas Doom si :

  • Vous êtes vegan et détestez la vue de la chair, des entrailles et du sang
  • Vous souffrez d’hypertension artérielle ou portez un pacemaker
  • Vous avez horreur du rouge
  • Vous détestez les vrais FPS
  • Vous êtes un enfant

 

Les Plus : Les Moins :
  • Du FPS, du vrai, sans fioritures
  • Du plaisir, du challenge, de la sueur, du sang
  • Gameplay vif, nerveux
  • L’arsenal
  • Glory kills et utilisation des pouvoirs
  • Techniquement efficace
  • Une bande-son qui te réconcilie avec la vie
  • Le mode SnapMap
  • Level design « déséquilibré » dans les dernières missions du jeu
  • Un scénario prétexte, mais laissant entrevoir une suite potentielle
  • Des personnages secondaires peu marquants et manquant de poids et de charisme
  • Le multi décevant

*Test réalisé à partir d’une version commerciale achetée avec les sous du testeur

 

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Buckshot

Lonesome stormtrooper à l'épreuve des balles, venant d'une galaxie lointaine, très lointaine...

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    Buckshot
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    Doom, quatre lettres qui symbolisent le basculement du jeu vidéo dans la 3D et la naissance du FPS. Quatre lettres qui ont le doux parfum d’une époque
    [Lire l’article : Doom : l’enfer te veut du bien !]

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