NewsTestsXbox OneXbox Place

Fragments of Him, Game Breaker?

Depuis déjà quelques années, la tendance de style « jeu à choix » ou film interactif, commence à faire réfléchir à la fois les joueurs et les éditeurs. Et avec l’actuelle apogée de titres tels que The Last of Us, Beyond Two Souls ou plus récemment Life is Strange, il est normal de voir quelques jeunes studios indés s’y intéresser également. A tort ? C’est ce que nous allons voir avec Fragments of Him, jeu sorti en Mai 2015 sur PC, et depuis début Juin 2016 sur Xbox One par les développeurs de SassyBot.

Jaquette du jeu Fragment of Him sur Xbox One
Test réalisé avec une version promotionnelle
  • Date de sortie : 1 juin 2016
  • EditeurSassyBot
  • Développeur : SassyBot
  • Genre : Point & Click
  • Prix : 9,99€
  • PEGI : +16
  • Disponibilité : Version dématérialisée (10,11 Go)

 

 

Un espoir brisé

 

Bon, on va arrêter le politiquement correct et attaquer directement là où le bât blesse. Lorsque l’on parle de jeux indépendants, beaucoup d’entre vous auront de tendres pensées nostalgiques aux souvenirs d’un Limbo, Braid ou encore Super Meat Boy pour les plus hard players.
Et bien rassurez-vous, si vous êtes un jour amenés à jouer à Fragments of Him, ce dernier aussi restera dans votre esprit pour un bout de temps, mais hélas pas pour les mêmes raisons. Je me souviens encore de l’espoir qui parcourait mon cœur au moment où j’ai rentré mon code à 25 chiffres, 10 Go pour un « petit jeu de deux heures » (j’ai essayé d’être plus rapide, croyez-moi, mais en vain), quand on sait que Unravel n’en pèse que trois, je m’attendais à une claque graphique à petite échelle. Et ma claque je l’ai eue. Et elle me fait encore bien mal aujourd’hui.

Tout commence sur un écran de chargement clairement gênant. Ca n’est jamais une partie de plaisir d’attendre devant un chargement un peu longuet (sauf pour un DBZ budokaï), mais ici, l’ennui se fait sentir dès lors. On a un petit effet à la Quantum Break avec quelques éclats de verre qui semblent flotter dans un espace d’amusement négatif. Bien heureusement pour nous, ils sont assez lents pour qu’on puisse contempler dans la longueur le petit effet de lumière réfléchi par chaque morceau.

Après un esthétique moment d’attente, on arrive enfin sur une petite animation du titre dont vous avez tout intérêt à jouir car ce sera la seule que vous verrez en 60 fps sans chute de framerate. S’en suit le menu principal, nous invitant à lancer le jeu ou accéder aux options (petit conseil par ailleurs, augmentez au maximum la sensibilité de la caméra. Sincèrement. Faites-moi confiance), puis nous relance à nouveau dans un autre chargement de qualité

Deux paragraphes et une intro sans même parler de près ou de loin de l’histoire ? Soyez patient, c’est le seul point positif du jeu. Poursuivons.

FoH403
La famille au grand complet!

Un style sobre et épuré sans saveur

 

Pour ce jeu, SassyBot a pris le parti d’une légèreté graphique finalement pas si simple à gérer, et… Ca ne fonctionne pas. Sur le site officiel, vous pouvez admirer à travers une vidéo de 10 minutes le prototype du jeu, et c’est triste de voir qu’à l’exception d’un shader et de quelques textures, le jeu n’a absolument pas évolué dans sa version définitive. Graphiquement, on dirait un jeu en pré-Alpha.

Seuls les personnages principaux sont modélisés, les autres ne sont représentés que par de vagues ombres humanoïdes. Les éléments tels que les meubles, les voitures, les arbres sont du même acabit. A vrai dire, seuls les bâtiments sont dotés de textures et d’un rendu ne piquant pas les yeux, ce qui crée un contraste violent dans la qualité globale du jeu. Dommage, bien tenté. Bien sûr, tout cela est justifiable, voire même bien pensé, l’effacement des souvenirs qui paraissent loin, troubles, c’est cohérent. Malgré la faiblesse graphique, l’idée reste clairement intéressante.

Encore une fois, il s’agit d’un parti pris. Loupé, mais volontaire. Les jeux de lumière ne sont pas si mauvais, c’est déjà ça.

test-fragments-of-him-image002
Le bleu du ciel est cependant saisissant.

Press A button

 

La légende dit que Microsoft utilise ce jeu lors des tests de vérification du bon fonctionnement du bouton A de leurs manettes. Car effectivement, c’est le seul bouton que vous utiliserez tout au long du jeu. Bon, je suis médisant. La gâchette gauche est également de la partie, et non des moindres vu qu’elle vous permettra d’augmenter la vitesse particulièrement lente de votre non-personnage.

Fragments of Him brille par son absence totale de gameplay.

Peut-être vous êtes vous déjà plaint dans Life is Strange de devoir passer une heure à chercher des cadavres de bouteilles dans une décharge ? C’est parce que vous n’avez jamais joué à FoH. Votre unique rôle sera de cliquer sur des éléments en surbrillance dans une scène pour faire avancer l’histoire. Ne l’ai-je pas précisé ? Oui c’est un point & click. Avec un système toutefois un peu plus original qu’un simple écran fixe classique (comme un Stanley Parable, le plaisir en moins). Ici vous devrez vous déplacer lentement dans une scène pour interagir avec certains éléments du décor, et c’est là que la lourdeur du gameplay se fait vraiment ressentir. Vous aurez de temps en temps à cliquer 5 ou 6 fois sur un personnage simplement pour le faire disparaître et réapparaître 20 centimètres plus loin. C’est long, très long. Parfois entre deux pas de hobbit, vous aurez la chance d’avoir une petite tirade du personnage ciblé.
J’espère d’ailleurs que vous n’êtes pas anglophobe, car des paroles aux sous-titres, tout est en anglais.

Et on ne va pas se mentir, il ne suffit pas d’ajouter une caméra semi-libre et quelques triggers à une histoire pour en faire un film interactif réussi.

x360-NyN
On appelle également cette boîte de nuit « Le Cimetière »

Des thématiques houleuses

 

Ca y est, nous y voilà, nous allons enfin parler de l’histoire !

Je l’ai volontairement gardée pour la dernière partie car je voulais terminer sur une note positive. Mais malgré tout, elle est très mal amenée. Le jeu met en scène Will (le personnage central), sa grand-mère, Sarah son ex et Harry son compagnon à travers quatre arcs, chacun découpé en plusieurs scènes suivant les lieux.

Suite à l’accident de Will, ce n’est pas un spoil, ça arrive 5 minutes après avoir lancé le jeu (sans compter les chargements bien sûr), l’histoire nous amène à découvrir, cerner les relations entre chacun des protagonistes et l’importance qu’ils ont eu les uns par rapport aux autres ainsi que dans la construction du personnage de Will.

Et c’est en ce point que ce jeu est triste, le scénario n’est pas mauvais, voire même audacieux, mais il y a surtout beaucoup de thématiques intéressantes et rarement abordées de manière aussi directe dans le jeu vidéo telles que l’homosexualité et son acceptation, le sexisme positif, la peur de l’engagement et bien sûr les classiques du genre comme l’amour et la mort. L’histoire a clairement le potentiel de générer beaucoup d’émotions, le problème étant qu’elle est le seul point qualitatif dans ce jeu, et elle se retrouve biaisée par tous les autres mauvais à côté.

C’est en cela que c’est important de comprendre que ce n’est pas l’histoire qui doit être au service des graphismes et du gameplay, mais qu’à contrario le gameplay et l’image doivent être au service de l’histoire. Et cela s’applique bien au delà du jeu vidéo.

Fragments-of-him-screen-3-persos-WL-e1462273979222
C’est dans les périodes douloureuses que l’on reconnait nos vrais amis…

Je ne passerai que brièvement sur les quelques bugs de lumière, collision, ou chargement de scène, ainsi que sur les 10 tristes succès aussi simple qu’inévitables, le plus gros a déjà été dit.

Vous n’aimerez pas Fragments of Him si :

  • Vous prônez l’esthétisme avant tout ;
  • Vous n’êtes pas un minimum sensible ;
  • Vous êtes sujet à l’épilepsie  ;
  • Vous êtes daltonien. Non je déconne. Le jeu est en noir et blanc.
Les plus de Fragment of Him : Les moins de Fragment of Him :
Sa volonté de toucher les gens

Certaines lumières

Son histoire…

 … Trop mal gérée.

Le gameplay

Les graphismes

Le prix

Le poids

 

En conclusion, ça me fait de la peine de classer Fragments of Him dans la catégorie des mauvais jeux car on sent quand même la volonté des développeurs de partager une histoire touchante et émouvante à travers un scénario avec un potentiel certain. Mais il souffre de beaucoup trop de lacunes au niveau du rythme, du gameplay, et des graphismes… Donc si vous avez deux heures à tuer et 2€ en trop (car il ne vaut clairement pas les 10€ réclamés), lancez-vous.
Peut-être ressentirez-vous quelque chose de bon et de plus fort que moi en jouant à ce jeu.
Je n’y crois pas. Mais sincèrement, je vous le souhaite.

Tags

Articles en relation

Ce sujet a 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour par  NitroSteed, il y a 3 ans et 2 mois.

Affichage de 1 message (sur 1 au total)
  • Auteur
    Messages
  • #5149

    NitroSteed
    Participant

    Depuis déjà quelques années, la tendance de style « jeu à choix » ou film interactif, commence à faire réfléchir à la fois les joueurs et les éditeurs
    [Lire l’article : Fragments of Him, Game Breaker?]

Affichage de 1 message (sur 1 au total)

Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.

Close

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer