Tests

TBO Isaac: Rebirth – Maison à vendre, sous-sol spacieux!

Ceci n’est pas un test !

Outre le nom très inspiré de l’œuvre de Magritte, voyez-ici une nouvelle catégorie regroupant tout ce qui s’approche de près ou de loin à des tests, mais qui n’en a pas l’objectivité ou simplement le développement nécessaire. Allant des «premières impressions», aux critiques «rapides», il peut nous arriver d’apprécier un jeu mais de n’avoir le temps ou l’envie d’en pondre un test. Les CnpuT sont là pour ça.

Attention, ils ne sont pas non plus des tests de la flemme. Mais trouvez plutôt ici un complément pour les curieux ou indécis que les tests déjà présent sur la toile n’ont pas su convaincre. Sachez également, et comme c’est le cas avec cet article, que nous regrouperons aussi dans cette rubriques des présentations de jeux qui – selon nous – valent le détour.

Bref, vous l’avez compris, ceci n’est définitivement pas un test !

 

Lorsque l’on entend parler de jeu indépendant, nos esprits se tournent directement vers les plus grands succès comme Braid, Limbo, Fez ou Super Meat Boy. Et je cite ce dernier de manière totalement volontaire puisqu’aujourd’hui, c’est vers son créateur que nous nous tournons, Edmund McMillen, et ce qui est pour moi l’une de ses plus grandes réussites, The Binding of Isaac : Rebirth.

Edit: Actuellement, le DLC Afterbirth† est sorti sur PC et est en cours de portage sur la version Xbox One, et même si je le mentionne brièvement son petit frère (attention à ne pas faire d’amalgame entre Rebirth, Afterbirth et Afterbirth†) , je ne parlerai que du jeu original ici. A vous de découvrir les délicieux add-ons de ces contenus additionnels! 

 

Your son has been corrupted by sin

En vue de l’intro très ciblée ci-dessus, je vais remettre les choses au clair. Soit, Nicalis représente majoritairement le développement de ce jeu. Soit, McMillen est un graphiste designer. Mais pour moi, il s’agit de son jeu avant tout.
Vous avez déjà joué à Super Meat Boy ? Alors inutile d’avancer d’autres arguments. L’ambiance, les partis pris artistiques les références, c’est du McMillen, désolé.

Dans Rebirth (qui est la suite de « The Binding of Isaac » mais pas vraiment), vous incarnez dans un premier temps Isaac, un petit garçon nu visiblement atteint d’une sévère conjonctivite (ou d’une dépression post-traumatique, au choix). A l’aide de votre talent ou du stick analogique, vous pourrez ainsi viser plus ou moins précisément des ennemis attentant à votre vie.
Peut-être va t-on un peu vite ? Soit.

Une petite cinématique vous initiera à la trépidante histoire de notre petit héros à chaque fois que vous lancerez le jeu. Vous pourrez ainsi apprendre que Isaac et sa mère vivaient heureux dans « une petite maison sur la colline » jusqu’au jour où ladite mère développera une schizophrénie assez commune dans laquelle, elle entendra Dieu mettant en doute sa foi et justifiant le tout par la corruption de son fils (Isaac, pas Jésus, suivez s’il-vous-plaît). Le prenant au pied de la lettre, elle commencera par lui jouets, crayons et vêtements. Sa dévotion toujours mis en doute par son « Lord », elle enfermera son fils dans sa chambre. Mais tout cela ne suffit pas, c’est pour ça qu’en guise de test final, cette tendre mère se verra contrainte de sacrifier son fils. Mais pas de chance pour elle, Isaac l’observant discrètement par une fente de sa porte la voit arriver couteau en main et, paniqué, aperçoit une trappe sous son tapis menant au sous-sol. Fort de courage, il y sautera pour échapper à la folie meurtrière maternelle. Voilà le plot.
Ceci dit, vous aurez en fin de partie victorieuse une petite cinématique vous plongeant un peu plus dans l’univers et l’histoire de ce petit bonhomme. Il y en a plus d’une dizaine suivant le boss que vous vaincrez, et là où ça devient intéressant, c’est que chacune d’entre elles correspond à un embranchement de possibilité scénaristique. Entre la schizophrénie, la corruption ou la VERITE, ce sera à vous de décider!

Bon je vous vois venir : « C’est un jeu religieux, on veut nous apprendre des choses, brûlons cette production hérétique ainsi que l’auteur de ce test ! » Doucement.
La trame principale est belle et bien tiré une réédite du sacrifice d’Isaac dans la bible, et plus vous jouerez à ce jeu, plus vous vous en rendrez compte. Des personnages déblocables comme Caïn, Judas, Lazarus, jusqu’aux items comme la sacrificial dagger.

Sauf queeee, ce n’est pas tout ! Vous retrouverez également beaucoup d’inspirations philosophiques/psychologique ici. Le complexe d’Œdipe, la construction de l’enfant, l’absence du père, la dépression et connaissez-vous le stade sadique-anal de notre ami Freud ?

C’est tout ce melting pot de connaissance qui rend ce jeu aussi complexe qu’intéressant !

On parle de mort, réincarnation, drogues, médecine. Inutile de préciser qu’il est classifié comme M-rated.

Et bien sûr les centaines de références à la culture populaire ainsi qu’aux jeux vidéos (le titre The Binding of Isaac ne vous rappelle t-il pas un autre jeu où vous incarnez un personnage aux traits elfiques à la tunique verte ?).

Je terminerai ce chapitre en vous expliquant tout de même un minimum le but du jeu qui n’est autre d’aller le plus loin possible sans mourir (Rogue-Like somme toute classique), jusqu’au chapitre final où vous y affronterez des boss plus coriaces les uns que les autres.

« 15 fois que je t’appelle, tu viens bouffer? »

Satan, you’re my Bae

Prenons quelques minutes pour parler du game design.

Avez-vous déjà joué à Zelda premier du nom ? Vous souvenez-vous des donjons ? Alors vous avez déjà l’idée principale.
Vous incarnez donc Isaac sur un tableau fixe (une salle) dans laquelle vous devrez soit arriver à bout des montres, résoudre un modeste puzzle, ou simplement passer au suivant. A la fin de chaque salle, vous aurez une chance de looter un consommable (clef/bombe/pièce/cœur/pill/rune) soit un trinket faisant office d’item passif, soit un coffre dropant dans le pire des cas d’autres consommables ou dans le meilleur, un vrai item.

Vous devrez donc explorer l’intégralité de l’étage pour vous charger à fond en items et trouver toutes les salles clefs, principalement la treasure room où vous pourrez y trouver un item plus ou moins pertinent, et la boss room pour descendre à l’étage suivant.

Vous aurez peut-être la chance de tomber sur une challenge room négociant pickups ou item contre quelques vagues d’ennemis, ou une cursed room vous incitant à perdre un peu de vie en échange de potentiels très bons items.

Et c’est là l’un des autres aspects de Rebirth, la dimension gestion qui vous pousse à vous poser des questions du style « Si j’utilise ma clef pour ce shop, je n’en retrouverai peut-être pas d’autre pour la treasure room » ou encore « si je prends cet item, aura t-il une bonne synergie avec celui que j’ai déjà ? ».

Et tant que l’on parle de synergie, c’est probablement l’un des points les plus jouissif du jeu.

Prenez vos larmes de base, ajoutez un Polyphemus, reduisant certes votre cadence, mais octroyant un boost hallucinant de dégât, ajoutez-y un Spoon Bender pour téléguider le tout et vous avez un très bon built. Sinon un petit Brimstone et c’est plié.

Finalement, c’est ça qui rend le jeu addictif, chaque partie est foncièrement différente de la précédant, nouveaux items, nouvelle map, nouveaux boss, the game has no end.

Et il vous faudra des dizaines voire centaines d’heures de jeu pour vraiment connaître chaque objet, chaque paterne et toutes les subtilités.
Ne vous en faites pas, le temps de jeu monte très vite.

Seul petit bémol de ce portage sur Xbox, le jeu ne tourne pas en 60 fps ce qui est assez dommageable compte tenu du fait que cela faisait parti des grandes innovations de ce second opus.

Quand le jeu devient beaucoup trop facile.

They see me sliding, they hating

Parlons peu, mais parlons bien, le gameplay.
Si vous avez joué à SMB, vous serez sûrement déjà familiers avec certaines mécaniques. Loin de moi l’idée de comparer Isaac à une savonnette, mais le petit ralentissement à la fin de votre mouvement devra être pris en compte, et principalement dans certaines salles remplies de piques.
TBOIR est très permissif quant au mappage des touches, par défaut vous pourrez déplacer votre personnage avec le joystick gauche et la croix directionnelle, et viser les ennemis avec le gauche ainsi que les touches YBAX. D’un point de vue purement personnel, le maniement est beaucoup plus agréable au clavier, mais le point non négligeable du pad est que vous pourrez gérer la vitesse de déplacement avec plus de précision. Et que vous serez plus discret que si –comme moi- vous possédez un clavier à touches mech. Avec LB et RB, vous pourrez posez vos bombes et utilisez pills/runes. Enfin, vous aurez tout le loisir d’appuyer sur RT pour déclencher votre item à charges, pour peu que vous en ayez un. Je rebondis là-dessus pour parler à nouveau des items qui représentent le consensus du gameplay. A chaque nouvel objet récolté, vous devrez adapter votre façon de jouer.
Prenons pour exemple l’item « Number One » qui visuellement est représenté par une goutte d’urine (oui, d’urine), d’un côté votre porté sera grandement réduite ce qui vous forcera de ce fait à être plus rapproché de vos ennemis et donc plus à découvert, mais il boostera votre cadence de tir de manière non négligeable, et le nerf de la guerre ici est bien évidemment d’augmenter vos DPS. Et c’est également en cela que le jeu est intéressant, c’est que certaines contreparties d’items sont très punitives mais couplées à un effet sympa, ce sera à vous de juger le pour et le contre pour savoir si le tout vaut vraiment le coup. Bien sûr il existe des objets dénués d’aspects négatifs comme Cricket’s Head qui multipliera par deux vos dégâts ou encore God Head qui… Oh. Vous le verrez par vous-même. Enfin si vous parvenez à finir le jeu dans son intégralité.

Je parlais tout à l’heure des synergies, et c’est également un des grands ajouts du dernier DLC, Afterbirth. Concrètement, plus d’items prennent en compte les effets des uns par rapport aux autres permettant d’avoir encore une fois, de nouvelles façons de jouer. Il existe certains combos breakers tels que Proptosis (qui inflige de gros dégâts si l’ennemi est proche de vous, mais qui les réduit s’il est à l’autre bout de la salle) avec Lump of Coal (qui inflige plus de dégâts si l’ennemi touché est loin de vous) vous permettant de combler les lacunes de chaque item.

Une référence au RROD ?!

16-bits forever

Alors si vous aimez le style pixel game, et que vous êtes un adepte du rétro gaming, je n’ai clairement pas besoin d’avancer plus d’argument. Après le premier opus qui aujourd’hui paraît hélas bien fade graphiquement, TBOIR propose donc un style à la fois classique et efficace, qui va bien évidemment de paire avec ses influences (j’ai déjà mentionné Zelda, faites un effort s’il-vous plaît). C’est une direction artistique aux petits oignons que vous retrouverez ici tout droit sorti de l’esprit et du crayon de McMillen. Par ailleurs, si vous avez déjà joué à l’un de ses jeux (voire à plusieurs), au delà des références, vous reconnaîtrez sa patte graphique parfois dégueulasse. Pas dans le mauvais sens du terme hein, mais face à des vagins cracheur de sang, c’est assez déstabilisant.
Rien de plus à dire ici, le style appuie parfaitement le jeu dans sa globalité, c’est tout simplement parfait.

Vous direz ce que vous voulez, pour moi ce n’est pas un phallus.

 

En conclusion de ce dossier, je dirais simplement que ce jeu est probablement l’un des plus réussi de ces dernières années. Il compile avec brio tout ce que l’on recherche dans un petit jeu indé entre challenge, humour (bien noir, comme le café c’est meilleur), et très bonne réalisation. Si vous y jouez pour la première fois, il y a fort à parier que le tout vous rebutera, au moins pour quelques parties, car même si après quelques centaines d’heures de jeu, une run deviendra une simple formalité, il faudra pas mal d’investissement et persévérance pour vraiment apprendre les mécanismes, connaître les paternes et aiguiser vos réflexes pour maîtriser le tout.
Mais comme disait Corneille, l’un des meilleurs speedrunner de ce jeu ; « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ».

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Ce sujet a 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour par  NitroSteed, il y a 2 ans et 5 mois.

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