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Test de A Plague Tale: Innocence

Un chef d'oeuvre de na-Rats-tion !

Fondé en 2002 et installé à Bordeaux, Asobo Studio a signé de nombreux jeux depuis le début des années 2000. Si Fuel demeure certainement un des jeux les plus connus du studio, son activité récente a surtout consisté à développer des titres familiaux pour Microsoft. Depuis Recore en 2016, Asobo Studio est ainsi crédité sur Disneyland Adventure, sur Rush : A Disney Pixar Adventure, ainsi que sur Zoo Tycoon : Ultimate Animal Collection. C’est donc dans un tout autre registre que se présente le nouveau jeu du studio, intitulé A Plague Tale : Innocence. Fini les couleurs criardes et les graphismes enfantins, cette nouvelle production se veut bien plus sérieuse, et entend bien proposer une aventure marquante aux joueurs. Pari réussi ?

Test réalisé sur Xbox One X à l’aide d’une version dématérialisée achetée par le testeur
  • Date de sortie : 14 Mai 2019
  • Editeur : Focus Home Interactive
  • Développeur : Asobo Studio
  • Genre :  Action-Aventure
  • Prix : 49,99 €
  • PEGI : 18+
  • Disponibilité : Version physique / dématérialisée 
  • Xbox Play Anywhere : Non
  • Xbox enhanced : Oui

 

 

The Last (Two) of Us

A Plague Tale: Innocence nous propose de vivre le récit d’Amicia et de son petit frère Hugo, qui se retrouvent bien esseulés pour affronter le monde cruel qui les entoure. Prenant place au XIVe siècle alors que le fléau de la peste sévit, l’aventure voit de plus les deux enfants confrontés à la dangerosité de l’Inquisition, qui les pourchasse pour des raisons pour le moins obscures.

Quelques minutes suffiront à vous convaincre de la beauté du titre d’Asobo Studio

Quelques minutes dans le jeu d’Asobo suffiront à poser l’ambiance générale du récit qui nous sera conté. Ainsi, au cours de vos pérégrinations, plusieurs sentiments se succéderont et s’entremêleront sans cesse, si bien que la mélancolie et la contemplation d’un instant pourront sans prévenir laisser leur place à une extrême tension. C’est une des vraies forces du titre d’Asobo, le récit est parfaitement maîtrisé, et l’écriture est telle que l’on s’attachera rapidement à Amicia et Hugo, et on craindra véritablement pour leur vie dans ce monde déchiré par la peste et l’Inquisition.

De plus, un savant équilibre a été trouvé entre les phases de narration et celles de gameplay, si bien que l’ensemble se veut des plus captivants. Au sein même de la narration, on trouve un parfait dosage entre intrigue générale et bien plus personnelle. Car en dehors de la survie dans ce contexte pour le moins rebutant, A Plague Tale est avant tout une histoire qui permettra à Amicia et Hugo d’apprendre à se connaître, et cette relation frère/sœur contribue indubitablement à la richesse du récit.

A Plague Tale: Innocence est une ode à la contemplation !

Amicia se retrouve bien malgré elle dans le rôle de l’adulte parfois maladroite, tandis qu’Hugo demeure un enfant dans sa plus pure définition, capable par exemple de s’émerveiller pour une fleur, quand bien même celle-ci se voit érigée au milieu d’une montagne de cadavres. De telles réactions sont soutenues par des dialogues particulièrement crédibles, permettant de conférer une réelle épaisseur à ce pan de l’intrigue.

L’interaction entre les deux protagonistes principaux fait également l’objet d’un élément de gameplay. Ainsi, en temps normal, Amicia tient la main d’Hugo, pour le rassurer et qu’il reste calme. Il vous sera cependant possible de lui lâcher la main afin par exemple de vous débarrasser d’une présence ennemi retorse. Mais si vous laissez Hugo seul trop longtemps, celui-ci paniquera, et se mettra à crier, ce qui aura pour conséquence d’attirer les ennemis. Cela renforce encore la crédibilité des deux personnages et de leur relation.

Pas de rat, pas de chocolat

A Plague Tale n’en oublie pas pour autant de soigner son intrigue générale, sur fond de Moyen-Âge, de peste et d’Inquisition. La peste, qui débarque au troisième chapitre (sur les 17 que compte le jeu, pour une quinzaine d’heures de durée de vie), est bien évidemment au centre du jeu, comme le titre pouvait le suggérer. Ce mal moyenâgeux décime la population et la plonge dans le désarroi le plus total. Le monde qui en résulte se veut cru et sans détour, et pourrait bien bouleverser certains joueurs. Car au-delà de la peste, on est également spectateur des prémices de la guerre de cent ans qui voit s’opposer français et anglais dans une bataille loin d’être propre.

Certaines scènes seront particulièrement crues

Pour finir de noircir ce tableau, l’Inquisition occupe elle-aussi un grand rôle dans l’histoire, et en plus de chasser les hérétiques, cette force de l’Eglise semble particulièrement intéressé par le jeune Hugo. Vous l’aurez compris, A Plague Tale propose un univers dur et crasseux, et l’aventure devrait graver un souvenir mémorable chez les joueurs.Si A Plague Tale est sous-titré Innocence, ce n’est pas un hasard, et le joueur, au même titre qu’Alicia et Hugo, perdra peu à peu sa naïveté et son Innocence pour s’ancrer dans la dure réalité de l’époque.

A la lecture des lignes précédentes, on pourrait croire que le nouveau jeu d’Asobo s’approche du simulateur de marche, se contentant de nous narrer une histoire sans proposer un gameplay approfondi. Ce serait une erreur de penser cela, tant la richesse narrative du titre se répercute également dans son gameplay.

Assassin’s Creed : Edition Scélé-rats

A Plague Tale propose ainsi un vrai gameplay, particulièrement efficace, essentiellement scindé en phases d’infiltration et phases de résolution de puzzles, sans oublier les phases de fuite à la sublime mise en scène. Autant le dire tout de suite, le gameplay proposé n’a rien de particulièrement révolutionnaire, mais les éléments qui le constituent fonctionnent extrêmement bien.

Les phases d’infiltration vous demanderont la plupart du temps de traverser une zone sans alerter les gardes présents. Pour ce faire, le jeu s’inspire clairement de titres tels qu’Assassin’s Creed, en permettant par exemple de se dissimuler dans les hautes herbes, ou alors de faire diversion en lançant un objet à l’opposé de votre objectif, afin d’attirer l’attention des gardes. Si lors des premières minutes de jeu, on a l’impression que l’IA ennemie est assez basique et que les phases d’infiltration sont assez quelconques, le constat va grandement s’améliorer par la suite.

Amicia et Hugo pourront par moment recevoir de l’aide pour le moins bienvenue

Wingardium Luminosa

Certes l’IA adverse n’est pas particulièrement éblouissante, mais A Plague Tale met suffisamment d’outils entre les mains du joueur pour que les phases d’infiltration se révèlent vraiment jouissives à jouer. En début d’aventure, Amicia, experte en fronde s’il en est, ne pourra compter que sur de simples pierres pour se défendre et assurer la protection d’Hugo. En cours de périple, vous apprendrez à confectionner de nouveaux gadgets particulièrement utiles, tels que des substances capables d’enflammer la zone ciblée, de brûler les casques ennemis, ou encore d’occire des rongeurs dans une explosion lumineuse du plus bel effet (le Luminosa, d’où l’intertitre…). Une simple pression sur RB ouvrira une roue vous permettant d’accéder (une fois débloquées) à pas moins de 9 types de « munitions ».

Ces différentes concoctions vous ouvriront un vaste panel de possibilités, vous permettant de vous sortir de situations initialement bien mal engagées. D’ailleurs, plus l’aventure avancera, plus le jeu vous demandera d’utiliser à bon escient toutes les possibilités qui vous sont offertes. Dans un premier temps, cela vous permettra de vous infiltrer face aux gardes, auquel cas vous devrez soit les divertir, soit jouer de subterfuge afin de diriger les hordes de rats sur les « pauvres » gardes qui ne feront ainsi pas long feu.

Aucun doute possible, Asobo Studio s’est inspiré de paysages réels, ici avec le château de Carcassonne !

Mais vous devrez également maîtriser tous ces outils afin de pouvoir échapper aux rongeurs, sur le postulat que ceux-ci sont particulièrement sensibles à la lumière. En jouant sur les zones de lumières et d’ombres, vous parviendrez ainsi à rester en sécurité tout en progressant dans l’aventure. Mention spéciale pour les phases mettant en avant les hordes de rats, celles-ci sont particulièrement crédibles et angoissantes, et pourraient bien traumatiser bon nombre de joueurs.

Si le matériel à disposition d’Amicia est parfaitement exploité dans les phases d’infiltration, il sera également mis à contribution dans les énigmes, elles aussi vraiment réussies. Si le principe de base demeure assez classique, et s’appuie sur l’activation de leviers ou le déplacement de blocs, des mécaniques propres aux concoctions préparées par Amicia permettront d’enrichir ces phases de puzzle.

Qu’il faille déloger une population de rats afin d’accéder à un levier, ou faire tomber un bloc en brisant les chaînes qui le maintiennent, vos compétences et vos méninges seront mises à l’épreuve. Les énigmes sont donc pour la plupart bien pensées, et permettent de parfaitement diversifier l’expérience de jeu, entre deux phases d’infiltration ou de narration particulièrement éprouvantes (dans le bon sens du terme).

Do-Rats l’exploratrice

Précisons d’ailleurs que certaines phases de jeu vous demanderont de donner un ordre à Hugo ou aux protagonistes qui croiseront votre chemin, et que la vie n’a pas épargné non plus. Vous pourrez ainsi leur indiquer d’aller activer un levier ou de maintenir une position par exemple, histoire de varier ces phases de puzzle. Le côté énigme de A Plague Tale est donc tout autant réussi que son côté infiltration, et si le soft s’appuie avant tout sur l’histoire qu’il veut nous narrer, il n’en a pas pour autant délaissé son gameplay.

Le feu sera un allié très précieux !

Il faut aussi noter que l’exploration des différents recoins du Royaume de France est grandement mise en avant, cela vous permettant de mettre la main sur de précieuses ressources à même d’améliorer votre matériel, et notamment votre fronde. Vous pourrez ainsi vous constituer une fronde bien plus rapide à bander, améliorer la capacité de stockage de votre sac, ou conférer de nouvelles capacités à vos munitions. Si dans un premier temps, vous devrez accéder à un atelier pour procéder à de telles améliorations, vous pourrez par la suite débloquer un « atelier transportable » vous permettant d’améliorer votre matériel instantanément.

Si A Plague Tale fait un quasi sans faute sur sa narration et son gameplay, qu’en est-il de l’aspect technique et artistique ? Une nouvelle fois, Asobo Studio maîtrise son sujet d’une main de maître et ce malgré un budget bien plus modeste que les superproductions actuelles. Evoqué plusieurs fois au cours de ce test, l’aspect putride d’une situation peut laisser sa place à un panorama magnifique en l’espace d’un instant. Les tableaux proposés par les équipes bordelaises sont d’une beauté à couper le souffle.

On se répète, mais A Plague Tale: Innocence est beau, très beau !

Petit budget, Moyen-Age, mais très grand jeu !

Les décors moyenâgeux du Royaume de France sont tout simplement sublimes, et les connaisseurs reconnaîtront sans aucun doute certains édifices français (le château de Carcassonne en est un parfait exemple). Les jeux de lumière chatoient particulièrement la rétine. La modélisation des environnements et des personnages est également de haut-vol, et hormis des visages un peu rigides en dehors des cinématiques, et quelques textures moins marquantes, le jeu est difficilement critiquable de ce point de vue-là. Il est d’ailleurs possible dans les options d’activer un mode immersif, qui vous débarrasse de tout HUD, pour une expérience encore plus prenante.

Du côté de la technique pure, l’ensemble est également très bon. Le titre est fluide, et les animations sont crédibles. On pourra chipoter en disant que certains angles de caméra et certaines transitions ressortent moins du lot, mais l’ensemble est tout simplement excellent. Et puis impossible de conclure ce test sans évoquer la bande sonore du jeu, qui sied parfaitement au titre d’Asobo Studio. Capable de renforcer le sentiment d’effroi de certaines situations, et de souligner les panoramas les plus somptueux par des compostions mélancoliques, cette bande sonore est également un gros point fort du jeu.

Oppressant autant qu’époustouflant !

Avec A Plague Tale: Innocence, Asobo Studio signe un très grand jeu. Proposant un récit sans détour, mêlant affres de la guerre et angoisse de la peste, tout en contant la perte d’innocence de jeunes enfants, le titre demeurera une expérience marquante pour les joueurs. A sa narration exemplaire, le jeu allie un gameplay certes relativement classique mais terriblement efficace, et une direction artistique à couper le souffle, pour un résultat magistral. Alors que de très grands jeux AAA devraient marquer cette année 2019, A Plague Tale : Innocence fait fi de son budget plus modeste, et devrait aisément trouver sa place en fin d’année sur la majorité des listes des meilleurs jeux de 2019. Sorte d’hybride entre Hellblade et The Last of Us, A Plague Tale: Innocence est un titre que l’on ne peut que vous conseiller, en espérant qu’il vous marquera autant qu’il a marqué le testeur qui rédige ces lignes.

Acheter A Plague Tale: Innocence sur Xbox One

Les Plus de A Plague Tale: Innocence Les Moins de A Plague Tale: Innocence
  • Un sublime récit
  • Une direction artistique à couper le souffle
  • Une ambiance tantôt angoissante, tantôt mélancolique, mais qui fait toujours mouche
  • Une bande sonore marquante (et une VF de très bonne qualité)
  • Une belle durée de vie
  • Un parfait dosage dans les différentes phases de gameplay (infiltration/énigme/fuite/narration)
  • Une très bonne variété dans les phases de jeu, grâce à un gameplay qui s’enrichit constamment
  • Les hordes de rats, très réussies !
  • Une IA pas particulièrement brillante
  • Quelques animations un peu moins crédibles (mais on chipote)
  • Une caméra pas toujours optimale

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LEO33RM

Adepte des grandes épopées virtuelles et des somptueux univers que le jeu vidéo peut offrir. Chasseur de monstres à temps partiel.

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    Fondé en 2002 et installé à Bordeaux, Asobo Studio a signé de nombreux jeux depuis le début des années 2000. Si Fuel demeure certainement un des jeux
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