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Test de Anthem

Hymne à la joie

Anthem se fait attendre depuis son reveal lors de l’E3 2017 durant la conférence Xbox. Alors utilisé comme démonstrateur de la puissance d’une One X encore à paraître à l’époque, le titre apparaissait clairement comme un argument de vente solide. Microsoft se devait de mettre le paquet pour promouvoir l’upgrade de sa console, et Anthem a participé à convaincre les acheteurs de la première heure, au même titre que Metro Exodus, sorti juste 7 jours plus tôt que la nouvelle licence de Bioware. Ceci étant, le joueur aguerri habitué aux belles promesses non tenues pouvait craindre cette saveur aigre douce face à un jeu lui offrant bien moins qu’attendu. Anthem étant désormais disponible dans sa version définitive depuis le 22 février, il est temps de rendre un verdict nous permettant de savoir s’il est nécessaire de plier un genou devant l’Hymne, en guise de protestation ou au contraire pour honorer ses qualités intrinsèques.

Anthem™ image de la boîte
Testé à partir d’une version éditeur sous Xbox One X et One S
  • Date de sortie : 22 février 2019
  • Editeur : EA
  • Développeur : Bioware
  • Genre :  RPG Coopératif
  • Prix : 69,99 €
  • PEGI : 18+
  • Disponibilité : Version physique / dématérialisée 
  • Xbox Play Anywhere : Non
  • Xbox enhanced : Oui 

 

 

Avec Anthem, Bioware et EA veulent clairement prendre leur part de gâteau dans le secteur du game as service grand public. La licence est là pour durer, et au même titre que Destiny, annonce vouloir s’inscrire sur une décennie. Le scénario du titre pose donc toutes les fondations d’un univers de science-fiction riche et singulier au sein duquel on retrouve des éléments de fantasy.

Un environnement cohérent d’une beauté stupéfiante

C’est ainsi que dans un monde luxuriant, beau à couper le souffle, mais également particulièrement dangereux, vous prendrez part à l’histoire de votre héros. Le monde dans lequel il évolue a été façonné par des Dieux, les Démiurges, qui l’ont façonné grâce à la maîtrise de l’Hymne, leur outil de création. Ces dieux ont abandonné cette œuvre inachevée, y laissant des structures et des reliques refusant de livrer leurs secrets. La nature aussi somptueuse que risquée est peuplée d’une faune et de créatures indomptables invitant les humains à se réfugier au sein de bâtisses érigées tels des forts, et à ne surtout pas mettre le nez dehors.

Les environnements intérieurs et extérieurs sont époustouflants

Une unité d’élite, les freelancers, est habilitée à explorer le monde grâce à un entrainement particulier et surtout à sa combinaison, un exosquelette – le Javelin – doté de propulseurs. Les freelancers sont alors régulièrement sollicités afin de remplir des missions périlleuses à l’extérieur des murs. Le Maëlstrom, un événement cataclysmique, va plonger les humains dans le doute et dans une peur lancinante d’un futur recélant peu d’espoir. Bien entendu, le personnage principal que l’on incarne devra affronter la menace venue du Nord – le Dominion – et protéger le devenir de l’humanité.

On le sait, Bioware sait raconter des histoires, et Anthem n’échappe pas à la règle. L’aventure est véritablement captivante mais s’avèrera bien trop courte aux yeux des habitués aux productions du studio. On est bien loin d’un Mass Effect en termes de durée de la trame scénaristique, et si le travail d’écriture est bien présent, l’histoire principale sera bouclée en une quinzaine d’heures, phases d’exploration libre et quelques quêtes annexes comprises. On sent trop vite arriver la fin de l’histoire et l’on prendra alors le temps de se consacrer aux activités complémentaires proposées par les personnages secondaires. Il sera possible d’épauler trois factions durant notre périple : Les Freelancers auxquels on appartient, mais également les Sentinelles qui comme leur nom l’indique sont chargées de la surveillance des personnes et des biens, et enfin les Arcanistes qui tentent principalement de décrypter les reliques.

Une écriture solide, mais une trame principale un peu courte..

La quête principale est ponctuée de cinématiques répondant aux standards attendus pour un AAA. Les personnages y sont particulièrement bien modélisés et leurs expressions et mimiques pixélisées frisent le comportement humain. Leur background est également bien travaillé et la galerie de personnages est variée, les rendant tantôt attachants, tantôt énigmatiques, allant même jusqu’à créer un effet d’empathie, ou au contraire un effet répulsif. Le joueur aura le loisir d’échanger régulièrement avec ces derniers à l’occasion de phases de dialogues au sein de Fort Tarsis, la forteresse au sein de laquelle on évolue entre deux missions ou contrats. Il faut noter que le travail d’écriture donne du sens aux interactions, la situation des PNJ avec lesquels la discussion s’engage évoluant au fil du temps, et ce, en lien avec le contenu de nos échanges préalables, notre personnage ayant le choix d’orienter la discussion dans la direction qu’il souhaitera (deux options possibles).

Anthem est étonnamment un jeu au sein duquel l’humour est très présent. Le second degré est distillé intelligemment et l’on se prend à sourire et à rire parfois en interagissant avec les PNJ ou en écoutant leurs conversations à Fort Tarsis. Une séquence relative à l’occupation du temps libre par les habitants aura nécessairement un écho chez la plupart d’entre vous, tant la similitude avec notre vécu contemporain est forte.

La frustration du joueur liée à la durée de la trame principale pourra être adoucie par un « Codex » riche grâce auquel il sera possible de combler le déficit d’éléments sur le monde dans lequel on évolue, à condition d’accorder du temps à la lecture de celui-ci. Ceci étant, Anthem ne s’est jamais présenté comme un jeu ayant pour objectif de nous faire vivre une histoire solo traditionnelle qui s’étire, mais bien de faire vivre au joueur une aventure coopérative dont l’intérêt se situera durant la phase dite de « end game », game as service oblige.

On apprécie particulièrement la galerie de personnages secondaires

Attention, vous aurez la possibilité de vivre l’intégralité du mode histoire en solo à condition d’avoir sélectionné le mode privé, ou alors avec des amis, voire même avec des joueurs random. Soulignons que durant la phase de test, contrairement à la bêta, nous n’avons pas rencontré de souci de chargement infini, les sessions étant trouvées assez rapidement et sans encombres. La difficulté sera également modulable et nous vous conseillons de passer directement en « Difficile » si vous jouez à plusieurs, histoire de conserver un brin de challenge. En revanche, en solo, le mode difficile sera à réserver aux plus téméraires.

Si durant l’aventure principale le joueur sera invité à explorer le monde de façon libre, ce sera surtout l’occasion de se livrer à la contemplation. En effet, l’univers créé par Bioware, au-delà de sa beauté extraordinaire, recèle de détails, de vie, de lieux à découvrir. Vous pourrez alors vous arrêter, observer le panorama qui s’offre à vous, admirer les parois rocheuses, les chutes d’eau, la végétation, la faune, la flore.. Les missions secondaires vous emmèneront également dans des lieux à découvrir qui enchanteront vos pupilles. Le monde d’Anthem est vaste et en découvrir tous les recoins vous demandera du temps, beaucoup de temps.

Rien de plus grisant qu’une balade en Javelin

Parcourir ce monde est d’autant plus plaisant en ayant revêtu le Javelin que l’on aura choisi. Cet exosquelette est l’une des idées les plus brillantes de ces dernières années en termes de gameplay. Soyons clairs, grimper dans son Javelin et évoluer dans le monde d’Anthem est une des expériences vidéoludiques les plus grisantes qui soit. La maniabilité est tout bonnement instinctive. L’on prend plaisir à se jeter dans le vide avant d’actionner les propulseurs, à frôler les parois rocheuses, à descendre en piqué avant de plonger dans l’eau pour rafraîchir son exosquelette avant de revenir à la surface, tournoyer et foncer vers une destination inconnue qui nous fera croiser pour la première fois un Titan, ces colosses supra naturels dont la première rencontre ne vous laissera absolument pas indifférent. A bord du Javelin, les sensations sont pures et le plaisir renouvelé. L’effet waou se prolonge et même après plus de trente heures de jeu, faire corps avec sa machine demeure un véritable bonheur. Etonnamment, la sensation de vitesse est plus prégnante dans les airs qu’à ras du sol. Il existe par ailleurs une forme de plafond de verre virtuel vous empêchant d’aller au-delà d’une hauteur maximale à partir de laquelle la force des vents nous renvoie inexorablement vers des niveaux inférieurs ou la terre ferme.

Qui plus est, vous aurez la possibilité de débloquer 4 modèles de Javelin, chacun ayant ses spécificités. Votre collection sera complète une fois le niveau 26 atteint, soit après avoir terminé la campagne et enchaîné pas mal de missions et contrats. Il vous est conseillé de tester l’ensemble des configurations possibles, et rapidement vous trouverez la combinaison qui vous ira le mieux en fonction de votre manière de jouer. Que vous ayez une préférence pour la polyvalence, la mobilité, l’utilisation des pouvoirs ou une tendresse pour les dégâts explosifs, vous trouverez Javelin à votre pied et pourrez, au gré de vos aventures, opter pour des approches différentes. Il est évidemment possible de customiser son Javelin avec une palette de possibilités cosmétiques relativement larges.

Petit Commando deviendra costaud !

Il faut noter que la multiplicité des approches est d’une profondeur rare, les différents pouvoirs et armes que le joueur possédera lui permettant de déclencher des combos dévastateurs sur les vagues d’ennemis. Mieux, une parfaite complémentarité avec vos partenaires vous permettra de prendre l’avantage sur l’ennemi à condition que la coordination soit parfaite. Ainsi, vous aurez le choix entre éléments feu, glace, foudre ou acide, afin de vous constituer la doublette parfaite et de multiplier les combos pour dominer le champ de bataille.

Cet éventail des possibilités empêche d’avoir fait le tour d’Anthem au bout de quelques dizaines d’heures. Il faudra effectivement du temps pour maîtriser les combos, trouver l’association de pouvoirs et d’armes que l’on souhaitera utiliser soi-même et avec les autres dans le cadre d’une équipe constituée. Pour autant, il n’est pas nécessaire d’aller dans ce niveau de détail pour accomplir les missions ou boucler la trame principale, mais on sent bien qu’avec le niveau de difficulté pouvant augmenter à partir du niveau 30, il sera nécessaire pour les activités les plus ardues de vraiment prendre le temps de choisir son équipement et ses capacités en fonction de la situation et des partenaires (à condition qu’on les connaisse, évidemment). Attention, il n’est pas possible de changer d’équipement en cours de partie, mais uniquement entre deux missions, lorsque vous serez de retour au Fort !

Formez vos bataillons !

Une fois l’histoire principale terminée, il vous restera encore moult activités. En effet, les quêtes secondaires sont assez longues et à l’issue de celles-ci, vous aurez la possibilité de remplir des contrats qui vous seront proposés. Des activités de type « donjon » vous seront également accessibles et l’exploration du monde libre vous permettra de poursuivre votre découverte de cet environnement gigantesque. Ce sera l’occasion de multiplier les chances d’obtenir du loot de qualité et de faire évoluer votre personnage. Si au départ vous démarrez avec un équipement de type « commun », au fil du temps vous pourrez obtenir dans des coffres ou en abattant des adversaires des items de plus en plus puissants faisant alors évoluer votre Javelin pour le rendre de plus en plus efficace. Les éléments les plus précieux ne se débloquent absolument pas dès le début du jeu, mais bien bien plus tard. L’amélioration de votre personnage est donc très progressive et le niveau du loot dépend de son niveau. Ainsi, votre premier loot « Magistral » n’interviendra que bien après moult escarmouches et un niveau de personnage compris entre 25 et 30. Notez qu’il sera possible de fabriquer votre arme ou équipement préféré grâce à l’obtention de schémas dotés d’un niveau de puissance spécifique. Bien entendu, les schémas ne suffiront pas, il conviendra d’avoir collecté les ressources nécessaires à leur confection dans le vaste monde que vous arpenterez. Vous pourrez bien entendu acquérir également ces ressources auprès des différents vendeurs de Fort Tarsis.

Petit frisson au moment du premier loot Magistral !

Pour le moment, si les différentes armes sont relativement quelconques, quelques unes se détachent tout de même, dont le sniper « Le Dévastateur », particulièrement bien nommé. En effet, celui-ci provoque à l’impact de balle une explosion assez remarquable et atteindre un point faible fait particulièrement mal à la cible, et d’autant plus quand le tir est combiné à un pouvoir affectant l’ennemi. Vous ne passerez pas non plus à côté du fusil d’assaut « Le Marteleur », et vous intéresserez aux fusils d’éclaireur proposant une alternative de choix avec une cadence de tir intéressante. Avec la présence de shotguns et de pistolets lourds, vous aurez de quoi varier les approches et les distances avec vos ennemis. Toutefois, il semble que les armes de niveau très supérieur, à savoir de niveau « Magistral » proposent des perks exceptionnelles dont l’intérêt se révèle lors des affrontements. Patience donc, l’arsenal se dévoilera à vous progressivement.

Des ombres sur la canopée..

Il y a tout de même des choses qui fâchent. En effet, si notre expérience globale a été assez peu marquée par des bugs vraiment gênants, nous avons tout de même connu une étrange disparition du son au retour au fort à l’issue d’une mission, ou une perte de connexion en cours de partie. Il convient de regretter également qu’à certains moments des ennemis poppent à l’écran, semblant sortis de nulle part, alors qu’il s’agit juste d’un décalage entre la présence au sein d’une zone et l’affichage des éléments. On peut aussi faire la moue face à un framerate pas toujours aussi stable que prévu. Globalement les éléments ci-dessus n’ont pas perturbé la fête et il serait malhonnête d’affirmer le contraire. Il faut tout de même noter que l’essentiel de notre période de test s’est déroulée à l’issue de la mise à disposition du patch day one qui a corrigé pas mal de dysfonctionnements. Ceci étant, le souci lié au HDR n’a toujours pas été réglé au moment où nous écrivons ces lignes.

Toujours au rayon des mécontentements, il est évident que Bioware aurait pu faire mieux en termes d’ergonomie des menus. Ceux-ci apparaissent austères et peu intuitifs. S’y retrouver au début est assez chaotique et il est nécessaire d’y passer du temps avant de se rendre compte de la quantité d’éléments y figurant, notamment en matière d’état d’avancement des quêtes et défis ou le contenu du Codex. Autre élément agaçant au démarrage, l’absence de la possibilité de marquer un objectif sur la carte quand on est au sein du Fort entre deux activités. En effet l’indicateur de position des PNJ n’est pas clair et tant que l’on n’a pas identifié à qui on a affaire, et le type de boussole choisi pour se repérer n’est pas très convaincant.

Fire in da hole..

Enfin, nous avons été déçus de l’absence de caméra de suivi de nos comparses lorsque nous sommes au sol en attente de soins pour retourner en jeu. En effet, alors que la plupart de jeux en multijoueur nous permettent de suivre l’activité de nos partenaires alors que nous sommes mis hors d’état de nuire, dans Anthem, il faudra se contenter de patienter devant l’écran avec juste un indicateur de position de nos alliés. Frustrant. Pour terminer, si l’ambiance sonore générale du titre est de bonne facture, la bande-originale reste elle très en retrait. Il est à ce titre vraiment dommage que les phases intenses de gunfight ne soient pas accompagnées par des mélopées à la hauteur de l’événement.

Ces quelques griefs évoqués, sachez que Bioware a déjà commencé à communiquer sur le programme des semaines à venir avec la mise à disposition dès le mois de mars de la toute première extension, dans le cadre de l’Acte 1 « Les échos de la réalité ». L’intérêt du titre est bien là, il devra s’apprécier sur la durée, et ce n’est pas pour nous déplaire. Le studio promet également de livrer des correctifs réguliers pour améliorer l’expérience de joueurs.

Si nous avons mis le doigt sur quelques éléments qui ont pu nous sembler regrettables, Anthem est pour le moment une grande satisfaction, d’autant plus que les phases de bêta privée et publique nous avaient plutôt laissés tristement dubitatifs. Le monde créé par Bioware est d’une beauté et d’une cohérence rares et évoluer dans ces environnements majestueux en javelin procure des shoots de dopamine, ceux-ci étant démultipliés durant les phases de tir lorsque l’on enchaîne les combos transformant alors notre écran en une symphonie de couleurs pétaradantes. La profondeur du gameplay, renforcée à plusieurs, est un véritable plus et nous sommes surtout en attente de la suite, ce lancement semblant surtout jeter les bases de l’univers et des possibilités. Les réfractaires au « game as service » et au système de loot aléatoire passeront leur chemin. En revanche, les autres plongeront avec un enthousiasme non dissimulé dans ce monde hors du commun qui peut difficilement laisser de marbre.

Les Plus  : Les Moins  :
  • Un univers incroyablement beau et cohérent
  • Les sensations grisantes en Javelin
  • Des gunfights intenses et les combos dévastateurs
  • Le teamplay !
  • La densité du gameplay
  • Le choix entre les javelins et leurs capacités diverses
  • Le loot « Magistral »
  • La durée de la quête principale (trop courte)
  • Une prise en main des menus assez déroutante
  • Une bande originale trop en retrait
  • Quelques bugs mineurs

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