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Test de Gears 5

Un opus modernisé, pour un plaisir décuplé

Depuis son annonce à l’E3 2018, Gears 5 n’a eu de cesse de promettre un virage majeur pour la franchise. Car si Gears of War 4, premier opus de la licence signé The Coalition, était un jeu très réussi, le titre s’avérait au final vraiment classique et dans la droite lignée de ses prédécesseurs. Avec Gears 5, le studio promettait ainsi de moderniser la saga phare de Microsoft, afin de lui redonner ses lettres de noblesse, et de replacer la série sur le devant de la scène vidéoludique. Campagne remaniée avec des cartes bien plus grandes et un sentiment d’aventure beaucoup plus présent, multijoueur encore densifié avec de nouveaux modes de jeu, nombreuses étaient les qualités attribuées au jeu, de la parole même des développeurs. Alors que Microsoft est loin d’avoir été irréprochable sur le terrain des exclusivités sur cette génération de machines, Gears 5 est-il effectivement le hit attendu ?

Test réalisé à l’aide d’une version dématérialisée achetée par le testeur
  • Date de sortie : 09 Septembre 2019
  • Editeur : Microsoft Studios
  • Développeur : The Coalition
  • Genre :  TPS
  • Prix : 69,99 € (inclus dans le Xbox Game Pass)
  • PEGI : 18+
  • Disponibilité : Version physique / dématérialisée 
  • Xbox Play Anywhere : Oui
  • Xbox enhanced : Oui

 

 

Changement de formule : c’est Kait ou double ?

Si au fur et à mesure de ses opus, la saga Gears of War s’est imposée comme une référence solide dans le domaine des TPS multijoueur, il ne faut pas oublier qu’elle doit avant tout sa réputation à des campagnes à l’action décomplexée et à la mise en scène aux petits oignons. Cependant, plus les années ont passé, plus la licence s’est peu à peu enlisée dans une relative routine, sans prise de risque majeure. Les différents opus étaient certes très réussis, mais restaient trop classiques pour vraiment marquer les esprits sur le long terme.

The Coalition avait bien conscience de cela au moment de reprendre en main la licence. Leur première production, Gears of War 4, avait avant tout pour objectif de prouver au studio et aux joueurs qu’ils savaient produire un Gears of War. Une fois cet opus sorti, The Coalition s’est remis au travail, et a donc décidé d’ajouter sa propre vision à la licence. Avec Gears 5, The Coalition entend ainsi proposer son premier Gears dénué de toute contrainte ou pression, afin de montrer au monde le véritable savoir-faire du studio.

Dès la première présentation du jeu, on a vite compris que la campagne de Gears 5 allait s’avérer bien différentes des précédentes. Au contraire des itérations passées de la licence où le joueur occupait le plus clair de son temps à défourailler du Locuste, ce Gears 5 allait placer l’aventure au centre du jeu, quitte à bouleverser les habitudes des joueurs. Maintenant que nous avons pu parcourir la campagne de fond en comble, nous pouvons l’affirmer sans le moindre doute, ce nouveau parti pris est une totale réussite !

Gears 5 dévoile sa superbe dès les premières minutes de jeu

Avant de nous attarder sur la structure même de cette campagne, évoquons le scénario de celle-ci. Gears of War 4 se terminait en laissant de nombreuses questions en suspens, et en évoquant le rôle primordial mais encore à venir de Kait. Si le premier acte de Gears 5 nous replace dans la peau de JD Fenix, c’est bel et bien Kait qui sera la véritable protagoniste de cette nouvelle épopée, car on en prendra rapidement le contrôle, et ce jusqu’en fin d’aventure. L’histoire de Gears 5 prend place alors que la vermine Locuste est plus dangereuse que jamais, et Kait va devoir enquêter sur ses propres origines afin de pouvoir lutter contre l’envahisseur.

Kait-y périt, ou survit-elle ?

Le soin apporté à l’écriture est la première chose qui choque dans ce Gears 5. En effet, si les précédents Gears proposaient une histoire plaisante à suivre, celle-ci était généralement dénuée de réelle profondeur, et n’était qu’un prétexte pour justifier la mise en lumière de la testostérone débordante de ses protagonistes. Avec Gears 5, The Coalition change de registre. Bien sûr, le titre reste un Gears of War, avec tout ce que cela implique de gros muscles et répliques badass qui transpirent la force brute. Mais en introduisant Kait comme personnage principal, le studio apporte de la subtilité à l’histoire, qui se voudra riche en rebondissements et parfois même émotive !

On n’atteint pas ici des sommets de complexité, mais cette nouvelle profondeur est plus que bienvenue. Davantage que l’histoire générale, c’est même chaque personnage qui bénéficie d’une plus grande épaisseur que par le passé. Jamais on n’aura eu autant l’impression de connaître Kait et ses fidèles compagnons, et de se soucier de ce qui leur arrive. On vous laissera d’ailleurs découvrir la nature précise de ces péripéties…

Le monde de Gears 5 est loin d’être tranquille…

En termes de structure, Gears 5 signe également un profond bouleversement pour la franchise. Le soft est composé de quatre actes. Si le premier et le dernier acte arborent une structure relativement linéaire fidèle à la franchise, le deuxième et troisième proposent quant à eux une grande zone ouverte qu’il est possible d’explorer librement. Ces zones ouvertes apportent une véritable fraîcheur à la licence, et permettent de varier l’expérience de jeu entre deux séquences riches en sensations fortes. Gears 5 arrive donc à concilier avec brio séquences grandiloquentes, où les éléments se déchaînent en même temps que les balles pleuvent, et séquences bien plus posées, où le joueur explore les magnifiques environnements proposés par le jeu.

Gears 5 fait la part Del à l’aventure

The Coalition a particulièrement soigné le rythme de l’aventure, si bien qu’au terme de celle-ci (une quinzaine d’heure en moyenne), on en redemande ! Par le passé, les Gears of War se contentaient de réciter leur formule classique, à savoir on arrive dans une zone, on éradique des hordes d’ennemis, puis on progresse jusqu’à la zone suivante. La partition était certes récitée à la perfection, mais pouvait finir par lasser. Avec Gears 5, le rythme change perpétuellement. Ainsi, on passe de phases riches en action, à des phases d’exploration, dans lesquelles on en apprend davantage sur les personnages, pour un rendu global particulièrement convaincant.

S’il est en théorie possible de foncer en ligne droite jusqu’à la prochaine mission principale et de plus ou moins ignorer les zones ouvertes, cela est fortement déconseillé, pour plusieurs raisons. D’une part, cela vous ferait passer à côté de quêtes annexes réussies, proposant des environnements somptueux et des affrontements dantesques. Mais surtout, cela vous empêcherait de mettre la main sur de précieuses récompenses…

Car en dehors de sa narration et de sa structure, Gears 5 voit également son gameplay se moderniser pour incorporer un soupçon de RPG très bien pensé. Ainsi, au cours de votre aventure, vous serez accompagné par Jack, un robot de soutien. Contrairement à votre personnage qui sera le même du début à la fin de l’aventure, comme par le passé, Jack sera lui améliorable et pourra ainsi acquérir de nouvelles capacités et renforcer les existantes. En début d’aventure, les capacités de Jack seront relativement basiques (scans de zone pour localiser les ennemis, possibilité de les étourdir…), mais au fur et à mesure de votre progression, Jack deviendra un véritable atout (il pourra vous rendre invisible, déposer des mines à tête chercheuse…).

Les effets de lumière sont très réussis, notamment en HDR

Chaque capacité possède de plus plusieurs niveaux d’amélioration, et c’est là que l’intérêt de l’exploration intervient. En effet, c’est en fouillant un peu partout que l’on trouvera les points d’amélioration pour Jack. Parfois, en résolvant certaines quêtes annexes, vous pourrez même mettre la main sur une amélioration ultime pour Jack, qui permettra d’instantanément débloquer le dernier palier d’une de ses capacités. L’exploration est ainsi fortement encouragée, et vous récompensera grandement en retour. Car en dehors des améliorations pour Jack, vous pourrez également mettre la main sur de nombreux objets à collectionner (capables de vous en apprendre davantage sur le lore de la licence) ou encore des armes reliques (des versions améliorées d’armes déjà connues).

Jack l’éventreur (de Locustes)

Au final, l’ajout de Jack est une excellente trouvaille, qui permet de perfectionner encore davantage le gameplay de Gears 5. Pour le reste, ce gameplay s’appuie sur les bases solides de la licence, tout en ayant lui aussi été modernisé. Notre personnage se veut bien plus mobile que par le passé, il est désormais possible d’effectuer des coups et combo de mêlée, et les nouvelles armes tout comme les anciennes ont un feeling particulièrement agréable. Ajoutons à cela un bestiaire très réussi (à l’inverse de Gears of War 4, les robots sont d’ailleurs ici agréables à affronter !).

Tout cela permet à Gears 5 de proposer un ressenti manette en mains extrêmement dynamique et jouissif, et de faire de sa campagne une aventure exceptionnelle, qui devrait certainement être marquante pour beaucoup de joueurs. Précisons d’ailleurs que la campagne est jouable en coopération jusqu’à trois joueurs (deux personnages + Jack). La possibilité d’incarner Jack semble destinée aux joueurs non habitués à la licence, mais leur permet de profiter de l’aventure tout en apportant un soutien aux autres équipiers. Et quand on voit le potentiel de Jack en fin d’aventure, le joueur incarnant Jack ne devrait pas s’ennuyer ! Il est également possible de régler indépendamment la difficulté de chaque joueur, ce qui est vraiment rare et mérite grandement d’être souligné.

Le jeu est vraiment, vraiment très beau

Mais Gears 5, ce n’est pas seulement une superbe campagne, c’est également des modes multijoueur à foison. Commençons par le mode Fuite, jouable jusqu’à trois joueurs en coopération, et qui représente en quelque sorte l’inverse du mode horde. Dans ce mode de jeu, les joueurs doivent détruire des repaires de la ruche en y plaçant une bombe. L’objectif de ce mode sera de parvenir à quitter le repaire avant que la bombe n’explose. Un brouillard envahit peu à peu la zone, obligeant les joueurs à être perpétuellement en mouvement. De plus, le mode est relativement avare en munition, si bien qu’il obligera les joueurs à se ravitailler régulièrement sur les ennemis. Proposant des parties d’une vingtaine de minutes, se mode est plutôt convaincant, et insuffle une originalité supplémentaire à la nouvelle formule de Gears.

Un multijoueur version Maxi Best Of Deluxe

On retrouve ensuite le mode Horde, bien connu des amateurs de la licence. Si celui-ci est similaire au mode horde de Gears 4, il bénéficie (au même titre que le mode Fuite), d’une nouveauté introduite avec Gears 5, à savoir les personnages à capacités. Ainsi, le choix de votre personnage ne sera plus seulement cosmétique, mais influencera également les capacités auxquelles vous pourrez recourir, et qui pourront bouleverser l’issue d’une partie. Ces capacités sont de différentes sortes (bouclier, couteau électrique…) et confère une nouvelle profondeur à ce mode de jeu, qui devrait occuper les joueurs un très long moment.

Les personnages possèderont également des capacités dans le mode Arcade, nouveau venu dans la sphère compétitive de Gears. Dans ce mode de jeu, une succession de kills vous permettra de débloquer des armes (propres aux différents personnages) plus ou moins puissantes. Il faudra attendre avant de juger de la pertinence de ce mode de jeu sur le long terme, mais celui-ci se révèle vraiment amusant pour le moment.

Les zones ouvertes apportent une vrai fraîcheur à l’expérience Gears

Bien sûr, Gears 5 embarque également avec lui les modes classiques de la licence, afin de proposer une expérience multijoueur capable de convenir à tous les profils. Gears 5 propose même un éditeur de carte pour le mode Fuite (bientôt étendu aux autres modes), qui permet de laisser libre cours à l’imagination des plus créatifs. Vous l’aurez compris, Gears 5 est donc aussi solide dans sa partie campagne que multijoueur…

Joan sonne, parce que Scarlett est en avance

Au moment d’évoquer le côté technique et artistique, il apparaît inutile de tergiverser. C’est la grande claque, et Gears 5 s’impose comme une véritable vitrine technologique. Tournant en 1080P 30 FPS sur Xbox One classique/S, le jeu se permet de s’afficher sur Xbox One X en 4K 60 FPS sur tous les modes de jeu. Et le rendu est saisissant. Finesse des textures et des modélisations, effets de particules et de lumières, fluidité à toute épreuve, Gears 5 est éblouissant. Et si la technique est exceptionnelle, il en est de même pour la direction artistique, somptueuse et irréprochable. C’est bien simple, l’auteur de ces lignes s’est arrêté en moyenne toutes les deux minutes pour prendre une capture. Gears 5 est à n’en pas douter un des plus beaux titres de cette génération, toutes machines confondues. La bande sonore, également très réussie, ne viendra en aucun cas ternir ce constat, et sied parfaitement au titre, qu’il s’agisse des musiques, mais également des bruits des armes et de tous les effets environnementaux.

Gears 5 s’impose donc comme un titre exceptionnel. Mais il faut bien lui trouver quelques défauts, à commencer par des problèmes de réseaux qui ont quelques peu perturbé le lancement du jeu. Si la situation s’est grandement améliorée depuis, il subsiste encore quelques problèmes qui devraient être corrigés prochainement. On aimerait notamment que le matchmaking soit plus efficace dans le choix de la localisation des adversaires. La campagne de Gears 5 peut également être la source de quelques bugs, dont la plupart ont été corrigés à l’heure actuelle, mais certains subsistent. Ainsi, lors des cinématiques, et même si les sous-titres sont désactivés, ceux-ci apparaissent. Cela est d’autant plus problématique quand on sait que les sous-titres ne sont parfois pas les bons, et appartiennent à un autre chapitre. On espère que ces petits problèmes seront corrigés rapidement, même s’ils ne viennent en rien ternir l’expérience de jeu globale.

On se répète, mais Gears 5 est une vraie vitrine technologique

Avec Gears 5, The Coalition signe un chef d’œuvre, tout simplement. En s’appuyant sur les précédents opus, mais en modernisant suffisamment la franchise pour la faire revenir sur le devant de la scène vidéoludique, The Coalition signe un coup de maître, et offre à Microsoft une exclusivité à la hauteur des attentes des joueurs. Avec une campagne remaniée et mémorable, un contenu multijoueur extrêmement riche, et une technique irréprochable couplée à une sublime direction artistique, Gears 5 marquera les esprits. A l’aube du projet Scarlett, Gears 5 semble d’ores et déjà nous offrir un aperçu de la future génération de machine, et devrait récolter de nombreux prix en cette fin d’année. The Coalition était déjà un studio important pour Microsoft, mais avec Gears 5, il rentre dans la cour des très grands.

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Les Plus de Gears 5 Les Moins de Gears 5
  • Une campagne passionnante et extrêmement bien rythmée
  • 4K, 60FPS, pour un résultat époustouflant
  • Une direction artistique irréprochable
  • Gameplay modernisé et encore plus jouissif qu’auparavant
  • L’ajout de Jack
  • Un contenu multijoueur vraiment riche
  • De nombreuses options d’accessibilité
  • Quelques bugs (réseau, sous-titres)
  • L’attente jusqu’à Gears 6…

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LEO33RM

Adepte des grandes épopées virtuelles et des somptueux univers que le jeu vidéo peut offrir. Chasseur de monstres à temps partiel.

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