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Test de Hellblade : Senua’s Sacrifice

Le studio anglais Ninja Theory Ltd a plutôt bonne presse, lui qui est notamment à l’origine de DmC : Devil May Cry et Heavenly Sword. Son dernier bébé a été annoncé il y a déjà bien longtemps en 2014 et a été commercialisé à partir d’août dernier exclusivement sur PC et la console nippone. Joliment accueilli par la critique le jeu débarque sans crier gare sur Xbox One, le 11 avril, deux semaines à peine après l’annonce de sa mise à disposition sur la console de Microsoft, le tout avec les améliorations sous « X ». Sans trop savoir pourquoi et en connaissant assez peu de choses sur le jeu, nous avons eu envie d’y jouer. Le souci est qu’on aurait dû être prévenus, car avant de se plonger dans les aventures de Senua, il est impératif de se mouiller la nuque. Le verdict ci-dessous !

 

Hellblade: Senua's Sacrifice
Test réalisé avec une version acquise avec les sous du rédacteur
    • Date de sortie : 11 avril 2018
    • Editeur : Ninja Theory Ltd
    • DéveloppeurNinja Theory Ltd
    • Genre : Action – Hack n’ Slash
    • Prix : 29,99 €
    • PEGI : 18
    • Disponibilité : Version dématérialisée (15,39 Go)
    • Xbox enhanced : Oui (HDR 10, 4K Ultra HD)

 

 

La quête de Senua

Tout commence plutôt tranquillement par une balade en barque au sein de laquelle Senua, mi-Bjork-mi-humaine, vogue sereinement mais avec une conviction toute énergique vers son destin. Une fois les pieds posés sur la terre ferme, les choses ne vont avoir cesse de se corser, le parcours de notre héroïne étant semé d’embûches. Finie la promenade onirique sur les flots, bienvenue dans une aventure rugueuse, oppressante et déchirante.

Rapidement, on se rendra compte que Senua chemine avec, soigneusement emballé dans un sac en toile de jute, un crâne, et pas celui de n’importe qui. Son être le plus cher, l’amour de sa vie, a vu la sienne offerte aux dieux vikings, ses congénères voyant leurs actes dictés par leurs croyances dont les rites passent aussi par des sacrifices humains. Ambiance. Senua va donc devoir accéder aux montagnes de Helheim afin d’obtenir des dieux le retour de l’âme de son bien aimé.

Senua n’est pas juste une amoureuse éplorée et inconsolable, c’est une véritable guerrière viking. Elle aura d’ailleurs fortement besoin de ses talents martiaux pour venir à bout des ennemis qui se mettront sur son passage, mais elle devra aussi utiliser ses neurones pour venir à bout de diverses énigmes ralentissant sa progression dans cet enfer nordique.

Une odyssée psychotique

Le pitch étant posé, il est clair que Hellblade Senua’s Sacrifice n’est pas un simple jeu vidéo autour de la volonté acérée de son héroïne, mue par le désespoir d’avoir perdu sa moitié. Très tôt la technologie « 3D binaural » vous plonge dans le cerveau de Senua, et surtout au coeur des voix qui l’entourent et qu’elle entend. Que elle seule entend. Oui, Senua souffre d’hallucinations auditives et nous fait vivre son expérience avec intensité grâce à cette technologie qui permet de retranscrire la position exacte d’un bruit à 360 degrés. Ainsi le casque planté sur les oreilles, on a véritablement la sensation d’incarner Senua et d’entendre ces chuchotements, ces rires, ces voix tantôt douces ou moqueuses qui persiflent autour d’elle. Le rendu est tout bonnement bluffant et tout joueur ayant un casque de qualité se retrouvera littéralement immergé au coeur du crâne de Senua.

Attention, même si la technologie 3D binaural est assez incroyable pour retranscrire les hallucination auditives, Senua ne souffre pas que de cela. Elle nous entraîne dans ses ténèbres, dans son périple en terre viking, tous deux augmentés par ses visions. Disons le clairement, Senua n’est pas simplement hantée par la perte de son amour, elle est atteinte de troubles psychotiques graves.

La souffrance de Senua est réelle, palpable, toute proche. A travers ses yeux, elle nous ouvre une brèche dans son délirium et sa perte de contact avec la réalité objective. Elle nous offre ses visions, ses peurs paniques, ses déchirures, ses tourments horrifiques. Tout le talent des développeurs de Ninja Theory est là. Avec une justesse et une finesse incroyable, le studio réussit à nous glisser dans la peau d’une psychotique, de partager ses visions et ses émotions. Au-delà du talent, un travail conséquent a été engagé avec des professionnels des maladies mentales ainsi que des patients en voie de guérison ayant accepté dans le cadre de leur accompagnement de transmettre leur vécu aux développeurs afin que le rendu in-game soit crédible. D’ailleurs, un documentaire sur la réalisation du jeu et les liens avec les équipes médicales et de patients est disponible dès l’écran titre. Il vous est conseillé de le regarder à l’issue de votre premier run. Il est probable que ce reportage vous donne envie de vous replonger dans l’histoire de Senua, avec un second niveau de lecture.

Joli trip sous X

Le tout est amoureusement embrassé par une ambiance générale qui embarque le joueur dès l’écran-titre. Encore une fois, ici, le bonheur auditif est partout, et va de la bande originale aux différents bruitages. Mieux encore, le jeu des acteurs est juste extraordinairement criant de vérité. On parle ici essentiellement des voix de ces derniers et le talent de Melina Juergens qui incarne Senua n’est désormais plus à démontrer. Rarement des cris et hurlements auront été aussi convaincants de douleur et de souffrance. Ils viennent des tripes de Melina Juergens qui nous emmène dans les tréfonds d’un désespoir déchirant. D’autres voix, plus gutturales, plus graves, plus douces ou feutrées, sont elles aussi au programme. Tout semble tellement parfait que l’on imagine difficilement l’intérêt d’une VF à moins que les acteurs recrutés ne soient particulièrement talentueux.

Visuellement, si le jeu est assez impressionnant sur One X, dès que l’on y joue sur One S, tout devient fade, délavé. Sur One X, Ninja Theory offre la possibilité d’opter pour plusieurs modes d’affichage favorisant la résolution ou la fluidité. Soyons clairs, c’est un très joli jeu, mais on reste relativement éloignés des standards premium en la matière. Vous apprécierez sans doute la direction artistique qui réussit à nous emmener dans des environnements peu variés mais joliment réussis grâce à un scénario qui s’amuse notamment avec les peurs des joueurs. A noter, les photographes virtuels seront ravis de la présence d’un mode photo accessible proposant quelques réglages lors des prises de vues, mais rien de particulièrement révolutionnaire.

Attention, on est loin d’un monde ouvert. Même si on alterne entre des environnements extérieurs qui offrent de jolis paysages, et des environnements intérieurs relativement travaillés, le chemin du joueur est quelque peu tracé et l’on se heurte souvent à des murs invisibles.

Enigma

La réalité alternative vécue par Senua est au coeur des éléments de gameplay. En effet, la perception de Senua est le pivot de la résolution des énigmes auxquelles elle fera face et qu’il sera indispensable de résoudre pour poursuivre l’aventure. Pour progresser, Senua devra franchir des portes scellées par des runes qu’il faudra retrouver dans l’environnement. Si ceci peut sembler basique en ce qui concerne ces runes, votre sens de l’observation sera mis à rude épreuve et il vous sera nécessaire de jouer avec l’évolution de l’environnement perçu et de focaliser votre attention au moment opportun. On regrette d’ailleurs la nécessité d’un placement particulièrement millimétré pour le déclenchement des résolutions.

Si les énigmes sont omniprésentes, des phases de combat contre des ennemis et des boss sont également au programme. Celles-ci peuvent s’avérer relativement techniques et punitives. On peut regretter que ces affrontements aient lieu dans des arènes de petite taille qui n’offrent pas toujours à Senua un espace suffisant pour se déplacer et esquiver les coups. Elle pourra en parant les coups et en frappant les ennemis avec son épée remplir une jauge de « focus » lui permettant, une fois que celle-ci est pleine de porter des coups plus puissants et plus rapides, le temps se ralentissant autour d’elle.

Elément important et particulièrement rare, le jeu nous annonce assez tôt qu’il conviendra de ne pas mourir trop souvent, sous peine de perdre définitivement la « vie » et surtout sa sauvegarde, donc retour à la case départ, au tout début du jeu. Oui, plus Senua meurt, plus la pourriture des ténèbres l’envahit en progressant le long de son bras, et si elle atteint son crâne, c’est la fin. Cette mésaventure ne nous est pas arrivée durant le test, malgré toutefois un nombre de morts assez significatif.

La mytho, on la préfère nordique

Pour emballer le tout, le parcours de Senua est parsemé de brèves réminissences de la mythologie nordique grâce aux « Pierres de savoir » qu’elle croisera et activera. Ces courtes séquences vocales sont de véritables invitations à découvrir la mythologie nordique si celle-ci vous est inconnue.

En effet, si pour vous Ragnarok et Valhalla ne sont que des maps dans le multi de Halo, vous prendrez plaisir à écouter ces voiles levés sur la véritable signification de ces appellations ainsi que sur les Dieux vikings (Odin, Loki, …), leurs histoires, leurs lignées. C’est un pilier de plus dans la construction de cet univers et qui confère a lui donner encore plus de sens, lors de ces phases de respiration.

Le crâne de Senua t’attend !

Hellblade : Senua’s Sacrifice n’est pas à mettre entre les mains de tout le monde. C’est un jeu mature abordant les maladies mentales avec un angle tout particulier. C’est aussi et surtout une expérience auditive et visuelle qui vient vous chatouiller les tripes. C’est une aventure nécessairement marquante et arriver au bout génère presque une forme de soulagement à l’idée d’arracher ce casque et de sortir du crâne de Senua. Il serait vraiment dommage de passer à côté si vous souhaitez vivre des moments peu communs vous invitant à tutoyer les ténèbres de l’âme durant une dizaine d’heures.. Mais soyons clairs, passez votre chemin si vous recherchez du pur divertissement. Pour les autres, foncez, vous n’en sortirez pas indemne, et c’est bien l’objectif.

Les Plus  : Les Moins  :
  • Une expérience hors du commun
  • Une immersion rare grâce au son « 3D binaural »
  • La performance de Melina Juergens
  • Une direction artistique soignée
  • Un projet associant des professionnels des maladies mentales et des patients
  • Une plongée dans la mythologie nordique
  • Pas de barre de vie, pas de boussole, pas d’indications, ça fait du bien !
  • Taille des arènes où l’on croise le fer
  • Des bugs quand on change le mode d’affichage sur One X (clipping..)
  • Des énigmes tatillonnes

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    Buckshot
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    Le studio anglais Ninja Theory Ltd a plutôt bonne presse, lui qui est notamment à l’origine de DmC : Devil May Cry et Heavenly Sword. Son dernier bébé
    [Lire l’article : Test de Hellblade : Senua’s Sacrifice]

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