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Test de Metro Exodus

Ceux qui m'aiment prendront le train..

Troisième volet très attendu de la série inspirée des romans post-apocalyptiques de M. Dmitry Glukhovsky, Metro Exodus initialement prévu fin 2018 puis repoussé au 1er trimestre 2019 est enfin disponible après avoir scotché, tout comme Anthem, son ptit monde à la conférence Xbox de l’E3 2017. Les ukrainiens de 4A Games ont cette licence et l’univers de Glukhovsky qui coule dans leurs veines et l’on devait s’attendre à un titre convaincant, notamment sur Xbox One X. Verdict !

Metro Exodus image de la boîte
Test réalisé sur Xbox One X et One S avec une version fournie par l’éditeur
  • Date de sortie : 15 février 2019
  • Editeur : Deep Silver – Koch Media
  • Développeur : 4A Games
  • Genre :  FPS
  • Prix : 69,99 €
  • PEGI : 18+
  • Disponibilité : Version physique / dématérialisée 
  • Xbox Play Anywhere : Non
  • Xbox enhanced : Oui 

Soul train

Soyez d’emblée rassurés, il n’est absolument pas nécessaire ou incontournable d’avoir joué aux précédents épisodes (Metro et Metro Last Light) avant de se lancer dans Exodus. Ceci étant, après avoir terminé le dernier bébé de 4A Games, vous aurez certainement envie de découvrir le début des aventures d’Artyom. Les autres seront littéralement dépaysés dans la mesure où l’intrigue nous poussera à sortir des entrailles du Métro, tout en restant sur les rails, non pas juste quelques instants, mais bien pour un long périple à travers la Russie, ou du moins, ce qu’il en reste. Oui, les habitués de la licence savent à quel point mettre le nez hors des sous-sols du Métro pouvait être paradoxalement oppressant, le joueur regardant nerveusement le chronomètre affichant le temps d’efficacité restant au filtre du masque de notre héros, l’air irradié étant irrespirable et synonyme de passage à trépas.

Fera-t-il vraiment bon de mettre le nez dehors ?

Le port du masque obligatoire créait une tension toute particulière dans les épisodes précédents et participait de la colonne vertébrale du gameplay et du suspense. Avec Exodus, l’ouverture vers un extérieur en partie sain ré-invente l’expérience qui conservera tout de même la particularité de savoir mettre le joueur sous pression de manière quasi constante. L’immersion est au cœur de l’expérience proposée par 4A Games qui propose un écran complètement épuré sans indicateurs, points de repère, barre de santé ou autre. Votre quantité de munitions apparaîtra subrepticement, vous pourrez consulter votre position grâce à votre carte, et à votre poignet, vous bénéficierez d’un équipement qui contribuera à vous orienter. C’est tout. Et c’est tout particulièrement appréciable de n’avoir aucun élément qui clignote à l’écran dans un jeu à la première personne. C’est un « artifice » d’une simplicité enfantine pour renforcer le réalisme de l’expérience, mais trop peu de studios proposent ce type de procédé.

Les Quatre Saisons

Exodus embarque donc notre héros en train, accompagné de quelques acolytes dont son épouse, Anna, et le père de celle-ci, le Colonel Melnik. Ils ont acquis la certitude de ne plus être seuls, qu’une vie extérieure est possible et qu’un futur potentiellement meilleur pourrait s’offrir à eux. Ils se rendront rapidement compte que la dévastation atomique engendrée par la guerre s’étend bien au-delà de Moscou, et surtout que l’humain, face à l’horreur et à l’effondrement du monde, révèle essentiellement ce qu’il a de plus sombre en lui, la face la plus déshumanisée de son être. Le totalitarisme mêlé à l’ignoble, à la folie sera au menu des réjouissances de notre équipée morbide sur rails.

Le cheminement et l’histoire s’inscrivent dans l’espace et le temps. De fait, Exodus offrira des paysages différents, et par-dessus tout des saisons différentes avec à chaque fois des particularismes et environnements nouveaux. Ceci tranche avec l’hiver permanent sur le Moscou des deux épisodes précédents, la licence rimant avec le blanc immaculé et glacial à l’extérieur et la moiteur glauque et puante des entrailles du métro. Au gré des saisons, l’odyssée à travers la Russie offrira au joueur une palette chromatique de toute beauté avec une mention toute particulière à un « Eté » tout bonnement chatoyant et à couper le souffle qui fait honneur à la One X et aux télés de nouvelle génération. C’est le clou du spectacle, un véritable feu d’artifice de couleurs.

Oppression totalitaire ?

Exodus nous a beaucoup moins souvent fait sursauter que ses prédécesseurs. Pour autant, il sait cultiver l’ambiance étouffante, crispante et glauque de la série et repoussera les vrais arachnophobes qui seront incapables d’y jouer. En effet, si le jeu fait la part belle aux environnements extérieurs, le joueur se retrouvera fréquemment dans des environnements fermés et peu éclairés, propices aux rencontres hostiles. Le bestiaire n’est pas particulièrement varié, mais vous serez régulièrement assaillis par des créatures peu ragoutantes qui pourront vous faire parcourir quelques frissons sur la nuque. Attention, Metro Exodus n’est pas un jeu d’horreur à proprement parler, mais joue sur des mécaniques procurant de l’anxiété. La faible luminosité, le sound design remarquable, l’environnement peu rassurant qui pourra parfois être tout bonnement dérangeant, sont autant d’ingrédients qui pimenteront votre voyage. En matière de traitement des sons, un seul regret, le bruit des pas de notre héros qui semble presque désagréable, ou en tout cas peu crédible. Pour le reste, c’est du boulot d’orfèvre, et plus particulièrement encore une fois dans le niveau « Eté », particulièrement abouti selon l’ouïe de votre serviteur.

Certains intérieurs sont particulièrement réussis !

Par ailleurs, vous passerez le plus clair de votre temps sous pression à rechercher des ressources vous permettant de confectionner des munitions, des grenades, des kits de soin et des améliorations pour votre tenue ou vos armes. Evidemment, en évoluant dans une pénombre incertaine ni votre lampe torche, ni des lunettes de vision nocturne ne contribueront à rendre votre environnement rassurant. En outre, vous ne trouverez pas des tonnes de cartouches et autres bandages sur votre chemin, mais devrez gérer avec une attention particulière votre inventaire, chaque balle tirée étant une possibilité de moins de vous débarrasser de vagues ennemies avant d’avoir la possibilité d’en collecter ou d’en fabriquer sur l’un des rares établis que vous croiserez. Sachez-le, Metro Exodus est relativement exigeant, même en mode « normal », et les erreurs ou manques d’attention se solderont par une mort certaine.

Si Exodus offre une certaine liberté par moments, il reste un FPS relativement dirigiste. Le joueur aura l’opportunité d’évoluer dans des environnements vastes au sein desquels plusieurs objectifs secondaires pourront être remplis. La plupart du temps, vous pourrez opter pour la force ou l’approche létale silencieuse. D’ailleurs, après avoir « nettoyé » une zone, vous découvrirez la plupart du temps les autres chemins qu’il vous était possible d’emprunter. Aussi, le jeu vous offrira la possibilité de choisir à certains moments d’agir de jour ou de nuit. En effet, en croisant un campement, y dormir quelques heures vous fera émerger au petit matin, ou plutôt en pleine nuit si vous préférez attaquer un objectif au clair de lune. C’est tout à fait appréciable et change totalement la donne pour la traversée d’un secteur en particulier.

Mieux encore, votre comportement aura un impact sur le déroulement de votre aventure et sur la fin de celle-ci. De fait, vous pourrez être amené à rejouer la campagne dans son intégralité, afin de mieux prendre la mesure des conséquences de vos actes, mais également afin de recueillir l’intégralité des éléments collectibles nichés dans le décor qui nourriront votre connaissance de l’univers de Metro Exodus.

Quand la pétoire déraille

On regrettera toutefois que malgré un arsenal varié et aux multiples configurations possibles en passant par un établi, que celui-ci ne confère que peu de sensations. Les gunfights manquent de patate et l’intelligence artificielle est le talon d’achille d’Exodus. C’est d’ailleurs une grande déception qui ternit quelque peu notre ressenti à l’issue de la phase de test. Les ennemis, essentiellement humains, ont un QI d’huître lobotomisée et leur comportement est en-deçà de ce que l’on peut attendre d’une production comme celle-ci. Pire, il nous est arrivé d’avoir des tirs ne faisant pas mouche, alors que le pointeur du viseur reflex était en plein milieu du crâne d’un combattant adverse, un peu comme si des murs invisibles étaient présents dans le jeu. Nous n’évoquons ici bien entendu pas du tout des tirs incertains au sniper à longue distance, mais à l’arbalète, posté à peine à une dizaine de mètres de la cible.

Exodus vous donnera envie de lire ?

Le rythme est lui plutôt bien géré et le jeu alterne entre les phases d’exploration, de shoot dynamique ou d’infiltration. En matière de FPS pur, un des passages du jeu nous aura semblé être une forme d’hommage à la licence Wolfenstein, tant le rythme, la musique et le gunfight en lui-même qui reprenait quelques unes des caractéristiques de la licence éditée par Bethesda. On retrouvera par ailleurs des phases bien plus calmes durant lesquelles, comme les précédents Metro nous y ont habitué, il sera possible d’écouter nos compagnons d’infortune ou le récit des autres personnages que l’on sera amené à croiser. Malheureusement, Artyom reste toujours autant plongé dans un mutisme absolu et l’on désespère d’entendre à un moment ne serait-ce qu’un filet de voix. C’est un choix délibéré de la production, néanmoins, nous aimerions savoir ce qu’il pense, ce qu’il ressent, même si certaines de ses émotions nous sont communiquées lorsque l’on les ressentira nous-même.

Une [ex] ode à la contemplation

Metro Exodus restera comme une des baffes graphiques que savent nous offrir des fins de génération sur console, si tant est que l’on puisse considérer qu’avec la One X on soit encore dans cette logique. Le jeu est à la hauteur des attentes en la matière et si l’on pouvait craindre un downgrade par rapport à ce qui avait été présenté à la conférence E3 tressant des louanges à la One sous X, il est clair que le résultat est très très satisfaisant. D’ailleurs, fiers du résultat, les développeurs ont intégré un mode photo simple et efficace sur lequel vous passerez du temps, tant les environnements sont propices à la contemplation. Tout est remarquable : la gestion des couleurs, les effets de lumière et de particules, la dynamique de l’eau, les reflets. Les ciels quant à eux font partie des plus beaux au sein d’un jeu vidéo, au même titre que ceux figurant dans un Forza Horizon 4 par exemple. Enfin, la fluidité est assez exemplaire et aucun ralentissement n’a été subi durant la phase de test.

Les possibilités offertes par le mode photo sont nombreuses !

Quelques ombres au tableau tout de même. Une demi-douzaine de freezes sur One X sont venus gâcher la fête et des éléments mineurs de paysage – au niveau du sol –ont pu popper à l’écran ci et là. Le souci avec les écrans figés et la nécessité de redémarrer le jeu, c’est la longueur du temps de chargement initial. Vous aurez la possibilité d’aller vous préparer un café, de bien nettoyer vos lunettes et de parcourir votre fil Twitter sans souci avant de pouvoir démarrer ou redémarrer votre session de jeu. Sur One S, pas de freeze, mais une copie qui fait bien pâle figure tout de même, le jeu perdant vraiment son aura visuelle toute particulière. Enfin, on regrettera également l’animation faciale des PNJ et leurs mouvements aussi raides qu’un régime soviétique. C’est finalement la grande différence en termes de qualité graphique avec un Red Dead Redemption par exemple. En effet, si Metro Exodus n’a pas à rougir face au maître étalon posé par Rockstar en la matière en ce qui concerne les environnements, la modélisation des personnages et malheureusement très en retrait. Le doublage en français n’est pas non plus d’une qualité remarquable, et si on s’y fait au fur et à mesure, l’intonation trop caricaturale du père d’Anna, un des PNJ les plus loquaces, est assez agaçante.

Prenez le train en marche !

Même s’il n’est pas exempt de défauts, nous avons apprécié de pouvoir disposer d’un jeu solo proposant des approches alternatives dans un univers post-apocalyptique oppressant et fidèle à la formule originale, malgré une évolution scénaristique majeure. Metro Exodus ne vous facilite pas la tâche et fait partie des trop rares FPS à l’ancienne avec un ATH épuré au maximum laissant le joueur dans une immersion la plus totale possible. Mieux encore l’ambiance dérangeante et ciselée du titre ne vous laissera pas indifférent et vous tiendra sur le grill durant les vingt à trente heures nécessaires pour en venir à bout. C’est aussi un jeu qui vous invite à prendre votre temps, qui vous contraint à le prendre, y compris dans des situations dans lesquelles on aimerait qu’elles soient écourtées parce-qu’un peu trop crispantes, voire macabres. C’est donc un oui enthousiaste, malgré les soucis d’IA ou de modélisation des personnages qui ternissent quelque peu l’aventure !

Les Plus  : Les Moins  :
  • Un vrai FPS solo comme on aime
  • L’univers de Dmitry Glukhovsky
  • Un ATH épuré qui renforce l’immersion
  • Choisir entre s’infiltrer ou foncer dans le tas
  • Le rythme global
  • Monstrueusement beau sur One X
  • Toujours aussi creepy !
  • La rejouabilité
  • Le mode photo
  • Les temps de chargement
  • Des « freezes » trop fréquents sur One X
  • Une IA peu flatteuse..
  • Des tirs fantômes..

 

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