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Test de Rage 2

Dommage, ra(ge)tage ?

Rage est sorti en 2011 et nous regrettions que cette licence ne soit exploitée. Il aura fallu attendre huit années avant qu’enfin un prolongement à ce monde désolé ne soit proposé. Attention, nous somme 30 ans plus tard et d’emblée à son annonce, l’éditeur a voulu donner une image différente de l’univers, axant la communication sur le côté décalé et coloré du titre. On nous promettait donc du fun en barres, plus qu’un univers glauque et sombre. Qu’en est-il ?

RAGE 2 image de la boîte
Testé sur Xbox One X et S avec une version dématérialisée fournie par l’éditeur
  • Date de sortie : 14 mai 2019
  • Editeur : Bethesda
  • Développeur : Avalanche Studio et id Software
  • Genre : FPS
  • Prix : 69,99 €
  • PEGI : 18+
  • Disponibilité : Version physique / dématérialisée 
  • Xbox Play Anywhere : Non
  • Xbox enhanced : Non

 

 

Nous sommes venus à bout de la trame principale de Rage 2 il y a une quinzaine de jours, mais avons eu besoin d’une phase disgestive avant de vous livrer notre avis sur cette production tant attendue. Notre vrai souci était d’apporter un éclairage suffisamment équilibré sur la proposition de Avalanche Studio et id Software, tant l’écart entre les attentes et l’expérience effective a semblé grand.

Rage against the Engine ?

Le choix des studios a été de privilégier la fluidité et le sacro-saint 60 FPS, particulièrement apprécié dans les jeux de tir à la première personne, aux dépends de la résolution. Cette orientation n’est pas nécessairement retenue par tous, bien au contraire, spécifiquement dans le cadre de jeux en mondes dits ouverts, particulièrement consommateurs de ressources. On recherchera plutôt un compromis favorisant un confort visuel pour l’utilisateur, associé à un nombre d’images par secondes capé à 30.

Le choix de id Software et Avalanche Studios s’avère convaincant lors des phases de shoot. Le 60 FPS pur et dur est assez rare sur consoles, et sur ce point, Rage 2 ne déçoit absolument pas, dans la mesure où le résultat est assez bluffant. La fluidité est tout simplement sans commune mesure avec les productions classiques et surtout elle ne bronche pas, malgré l’intensité de l’action, la présence d’ennemis à l’écran, les multiples explosions, la présence d’effets de particules, etc. En cela on ne peut que louer les qualités du moteur, même s’il ne donne le meilleur de lui-même qu’à l’occasion de ces séquences de gunfight.

Petit panorama dans le Wasteland..

 En effet, pour le reste, le résultat global à l’écran est assez décevant, y compris sur One X. Les joueurs habitués désormais à des normes visuelles flatteuses seront pris au dépourvu. Assez rapidement, il s’agit de se jeter sur les paramètres vidéo, histoire de vérifier si des options sont disponibles ou si le réglage par défaut était mal calibré. Pas grand-chose dans les options, hormis les effets de blur et les aberrations chromatiques que nous vous conseillons de désactiver pour un rendu plus acceptable. C’est déconcertant car à certains moments, on se croirait presque revenus une génération en arrière, tant la qualité graphique proposée est en deçà des standards actuels. Les environnements sont ternes et manquent de luminosité, le HDR étant aux abonnés absents. La profondeur de champ est restreinte et il ne faudra pas s’attarder sur certains détails du décor, histoire de ne pas croiser trop de bouillies de pixels. C’est assez dommage car à de nombreuses reprises on se prend à imaginer à quel point les environnements pourraient être agréables à l’œil si d’autres choix avaient été faits. Oui, l’affichage est en 1080P, même sur Xbox One X. Difficile à partir de là de proposer bien mieux.

Faisant fi de ces premières impressions baveuses et pixellisées, nous étions bien décidés à en découdre et à profiter d’un titre qui se voulait décalé, drôle, et promettait du fun en barres. Monde ouvert oblige, le joueur se retrouve rapidement projeté dans un véhicule lui permettant d’arpenter ce monde désolé. Et là, patatras. Alors que l’on imaginait que les concessions faites en matière de définition permettraient d’éviter les imperfections habituelles dans ce type de jeu, ce n’est absolument pas le cas. La désolation de ce monde virtuel est surtout liée à la présence d’aliasing (que l’on croyait presque disparu sur One X), de popping et autres joyeusetés.

Le seul avantage du monde ouvert sous Apex Engine est l’absence de temps de chargement. Le joueur pourra librement aller d’une zone à l’autre sans coupures, partir à l’assaut des campements ennemis, mais aussi rentrer dans les quelques cités où se trouvent les marchands et autres PNJ fournisseurs d’indices ou primes diverses. Pour le coup, c’est assez appréciable, le rythme n’étant pas du tout haché au gré des pérégrinations.

Un scénario perdu dans le Wasteland..

Les seuls moments durant lesquels on retrouvera des temps de chargement, c’est au cours de la trame principale, notamment en amont et à l’issue d’échanges avec les personnages secondaires. Oui, même s’il est plus qu’anecdotique, il y a bien un scénario. Celui-ci est vraiment sans intérêt, ne viendra pas titiller vos émotions, ni éveiller quelconque réflexion chez vous. D’ailleurs, la prétention du titre n’a jamais été là et la phase d’introduction sera l’occasion pour les scénaristes de montrer leur volonté de plonger dans la caricature des plus mauvaises séries B. En quelques mots, le héros que l’on incarne devra rendre opérationnel un projet resté dans les cartons afin de venir à bout de l’ennemi. Pour cela, il ira à la rencontre de trois protagonistes pour lesquels il s’agira de remplir des missions.

Quand on arrive en ville..

On regrettera la présence trop insuffisante de la trame scénaristique dans le titre. En effet, hormis les missions principales peu nombreuses, le joueur devra remplir la jauge d’objectif de chacun des trois personnages secondaires clefs, afin de progresser dans l’histoire et en venir à bout. D’ailleurs, on se rend assez vite compte que l’équilibre entre monde ouvert et histoire principale est assez bancal dans Rage 2. En effet, très rapidement, juste en errant dans la toute première région que l’on aura découvert, on commencera à remplir des objectifs pour le compte de personnages secondaires non encore rencontrés. Du coup, nous concernant, en rencontrant le second personnage, nous avions quasiment atteint le niveau requis d’actions, tout comme lorsque nous avons croisé le troisième et dernier.

Notez que les régions que l’on traverse sont sans dangers réels sur les routes, et que rien ne nous empêchera de nous balader partout. Attention, tout de même, les avant-postes ennemis disséminés partout requièrent tout de même d’avoir atteint un certain niveau de compétence et de résistance, mais dans la mesure où notre personnage progresse très vite, on ne se sentira pas en insécurité totale en allant dans des zones éloignées du cœur des activités que l’on est censés réaliser. Si Rage 2 se voulait inspiré partiellement de Mad Max, c’est raté. Les terres désolées sont très vides et circuler en véhicule ne vous mettra pas en face de dangers, tant les routes de ce monde ouvert sont désertées. C’est seulement en quittant votre véhicule pour partir à l’assaut des bases ennemies que vous vous mettrez en potentiel risque.

Ce qui souligne le caractère déséquilibré du titre entre monde ouvert et missions scénarisées est notamment la multiplicité d’objectifs sur la carte. Il y en a tellement, que nous n’avons même pas eu besoin de visiter l’une de régions pour terminer l’aventure. En effet, nous avions déjà débloqué tout ce qui était nécessaire pour développer notre personnage et acquis tous les points requis pour satisfaire les trois personnages secondaires et lancer le projet final. D’ailleurs, à titre d’exemple, malgré avoir passé beaucoup de temps au sein des premières régions, nous ne sommes pas venus à bout des tous les points ennemis, tant il y en a, et tant attaquer des territoires avec des ennemis d’un niveau de puissance très inférieur au sien est rapidement lassant. Oui, le niveau de notre personnage progresse très vite et la quête de challenge nous pousse à nous intéresser à des ennemis plus coriaces.

De bonnes idées et des gunfigths remarquables

Pour résumer, vous traverserez plusieurs régions et serez amenés à visiter des mini-villes qui sont des hubs permettant de commercer, d’upgrader votre personnage et d’obtenir des intels sur des lieux secrets ainsi que des primes. Dans le monde ouvert sont planquées diverses ressources qui vous permettront de faire évoluer votre personnage, mais surtout des arches au sein desquelles vous trouverez des armes et des pouvoirs spécifiques. On prend un certain plaisir à faire progresser son personnage et à le rendre tout puissant. Vous en aurez besoin pour venir au bout de la trame principale, même si à l’usage vous ne solliciterez que la moitié des pouvoirs (et encore). L’arsenal lui, assez limité, ne vous enchantera pas forcément, mais vous trouverez rapidement vos 3 ou 4 pétoires de prédilection. Soulignons par ailleurs que nous avons connu par deux fois des bugs d’avancée de la trame principale. En effet, alors que les pré-requis étaient accomplis, ou qu’un personnage secondaire nous invitait à nous rendre à un endroit précis, celui-ci ne figurait pas sur la carte. Dans les deux cas, il a été nécessaire de quitter le jeu avant d’y revenir, pour que la mission s’affiche enfin. Autre élément qui a pu nous chagriner : le menu. Il est d’une lenteur rare et son ergonomie est loin d’être optimale.

Vous croiserez de nombreux bastions ennemis !

Dans ce parcours d’une vingtaine d’heures, si vous prenez vraiment votre temps, vous regretterez que les missions principales soient si peu nombreuses. Elles nous emmènent généralement dans des zones plutôt fermées qui offrent des séquences de gunfight nerveuses et agréables où le 60 FPS brille par son efficacité. Le cœur de l’intérêt du titre est là, dans les gunfights. On trouvera également dans le monde ouvert des petits donjons ou des forteresses recelant plus d’ennemis, et c’est là que Rage 2 dévoile tout son potentiel. L’autre intérêt du titre se niche dans ces moments où il ne se prend pas au sérieux en nous diffusant des musiques d’ascenseur dans les ascenseurs ou lorsqu’il met en scène des PNJ dans des situations cocasses, essentiellement dans les cités. On aurait souhaité vivre plus de moments drôles et décalés car l’humour quand il est présent est assez délicieux. Trop rare, on le croisera par exemple sur le tableau des primes et la description des ennemis recherchés. Un personnage secondaire aura aussi retenu notre attention : la tenancière de « Bash TV ». C’est LE personnage le mieux écrit du jeu, et il est dommage que d’autres n’aient pas bénéficié du même traitement. Pour terminer, la bande-son n’est pas extraordinaire et ne restera pas dans les annales, mais colle bien aux passages les plus musclés.

En définitive, Rage 2 nous donne un sentiment de jeu non abouti ou ficelé à la va-vite. Le monde ouvert est mal calibré par rapport à la progression du scénario et du personnage que l’on incarne, alors que la trame principale, trop courte, offre des gunfigts vifs et captivants. Le jeu donne l’impression d’offrir un décor finalement trop vaste, et la profondeur qui pourrait lui être donnée via l’arbre de compétences ou les multiples activités se trouve à l’étroit dans un scénario bien trop étriqué. L’humour est bien présent, mais on regrette qu’une plus grande place ne lui soit pas accordée. Quant au compromis 1080P – 60 FPS, il conviendrait bien mieux à un jeu proposant uniquement une campagne FPS intense dans des environnements semi-fermés. En somme, il ne suffit pas d’associer deux studios ayant des savoir-faire reconnus, l’un en matière de monde ouvert et l’autre en matière de production de FPS, pour faire un grand jeu. Vous l’aurez compris, Rage 2 n’aura pas comblé nos attentes et ne nous semble pas incontournable. En revanche, rien ne vous empêchera d’en profiter à prix doux dans quelques mois ou semaines.

Les Plus  : Les Moins  :
  • Un 60 FPS stable et efficace
  • Des gunfights nerveux
  • Une dose d’humour remarquable
  • Un 1080P qui ne fait pas honneur à la génération de console actuelle
  • Un manque de diversité des environnements
  • Un monde ouvert quelque peu « brouillon »
  • Des missions principales qui auraient mérité d’être plus nombreuses et plus longues
  • Un scénario trop léger dont on se détache très vite
  • Une sensation désagréable de puzzle monde ouvert / campagne solo qui s’emboîte mal

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