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Test de State of Decay 2

Will you survive ?

State of Decay premier du nom est paru en 2013 sur Xbox 360 via le programme Xbox Live Arcade, et s’il a connu un succès critique, difficile de dire qu’il aura marqué une génération de joueurs ou qu’il sera resté dans les mémoires. Le jeu a eu une portée confidentielle malgré ses qualités et porte plutôt la griffe d’un titre indé soutenu par Microsoft que celle d’un triple A. Le second volet a été annoncé en fanfare lors de l’E3 2016 et reste exclusif à la Xbox One. Ainsi le studio Undead Labs sortait de l’ombre et le jeu se devait d’être prometteur, les exclusivités étant trop peu nombreuses aux yeux des fans. Pari réussi ?

Test réalisé avec une version éditeur
    • Date de sortie : 22 mai 2018
    • Editeur : Microsoft Studios
    • Développeur : Undead Labs
    • Genre : TPS Survie en monde ouvert
    • Prix : 29,99€ pour l’édition normale. Inclus dans le Game Pass
    • PEGI : 18+
    • Disponibilité : Version physique et dématérialisée (18,63 Go)
    • Xbox Play Anywhere : Oui

 

Surviving Simulator

Si le cadre est très clair, dans State of Decay 2 vous ne vivrez pas une histoire prédéterminée qui suit un scénario, puisqu’il n’y en a pas vraiment un. Le principe est simple, nous évoluons dans un univers post-apocalyptique au sein duquel les zombies rôdent aux quatre coins. Vous devrez choisir avant de débuter un binôme de survivants avec chacun des caractéristiques et talents spécifiques et un background unique. Une fois cette première décision effectuée, une introduction sous forme de tutoriel vous mènera assez rapidement à repérer puis vous installer dans votre quartier général, et c’est à ce moment-là que la véritable aventure débute.

Votre objectif est de survivre, mais également de maintenir votre communauté dans les meilleures conditions possibles, histoire qu’elle garde la pêche. Pour ce faire, vous partirez en quête de ressources diverses et variées vous permettant de rester en vie. En effet, il sera nécessaire de penser absolument à tout pour maintenir un équilibre et favoriser la survie. Ainsi, vous fouinerez les environs afin de mettre la main sur des médicaments, des matériaux de construction, de l’essence, des munitions, des armes, etc. Ces sorties n’ont rien de la balade des gens heureux puisque vous croiserez bon nombre de zombies dont l’unique but sera de vous infliger des blessures les plus mortelles possibles.

Bienvenue en enfer..

Attention, le jeu ne vous prend absolument pas par la main à l’issue de la phase de tutoriel, et c’est tout l’intérêt de State of Decay 2. On expérimente des approches, on teste des choses et l’on acquiert de l’expérience permettant de mieux appréhender les bases de la survie. Bien entendu, votre toute première communauté ne fera pas long feu si vous êtes béotien en la matière, mais ce sera une étape importante dans l’appréhension du gameplay et de son exigence. Il faut vraiment avoir un oeil sur tout, histoire que tout le monde ait le ventre plein, une quantité de repos suffisante et évidemment suffisamment de médicaments pour se soigner. Une jauge d’énergie et de santé vous donnera des indications à ce sujet pour vos personnages.

Rapidement, vous vous rendrez compte que vous n’êtes pas seuls et que d’autres communautés tentent tout comme vous de survivre dans les environs. Elles ne manqueront pas de vous appeler à l’aide et si la plupart sont animées de bonnes volontés, certaines ne verront pas votre présence d’un bon oeil et n’hésiteront pas à vous canarder si vous approchez de trop près..

La nuit des ressources restantes

L’attention rivée sur la gestion de vos ressources et de votre communauté qui pourra s’agrandir au gré des rencontres, vous aurez toujours quelque chose à faire, et surtout la nécessité de vous éloigner de plus en plus de votre base pour trouver de nouvelles ressources ou venir en aide aux survivants esseulés ou aux communautés en difficulté. Si vous en aviez marre de grimper en haut des tours dans certains jeux pour révéler la map, dans State of Decay 2 cette démarche a une véritable utilité puisque les points d’observation vous permettront de repérer les ressources disponibles à proximité.

Ceci étant, les sorties ne s’improvisent pas. Vous pouvez switcher d’un membre à l’autre de la communauté et ainsi choisir celui qui est dans les meilleures conditions pour partir en exploration, mais surtout, vous éviterez de partir seul. On regrettera cependant qu’il soit impossible de donner des ordres à son compagnon de route, ou que ce dernier ne soit pas à même de fouiller des conteneurs et d’en récupérer le contenu. Effectivement, s’il est assez aisé de trouver des ressources, celles-ci pèsent lourd, et même lorsque l’on se déplace en véhicule, le coffre est rapidement plein et le joueur est contraint de faire des allers-retours qui seraient moins nombreux si le PNJ accompagnateur pouvait mettre à profit ses petits bras et son dos musclé pour trimballer les précieuses trouvailles. Enfin, il est préférable d’être prudent durant l’ouverture des conteneurs, car se précipiter c’est prendre le risque de faire du bruit et d’attirer les zombies qui zonent dans les parages..

Même si elle a zéro skill en combat, on a envie de la recruter cette championne de Halo !

Ceci étant, il est préférable d’avoir un p’tit PNJ de compagnie quand on doit faire face à des hordes de zombies ou des ennemis coriaces. En effet, si le zombie de base est assez inoffensif, lorsqu’ils se déplacent en meute, ou qu’ils sont un peu plus costauds, vous aurez du fil à retordre. Et surtout, toute mort d’un des membres de la communauté est définitive ! Oui, en cas de décès, le personnage en question ne réapparaît pas, mais vous pourrez tout de même en incarnant un autre individu, récupérer le stuff du défunt. Mine de rien, vivre des disparitions est assez cruel car on s’attache aux différents personnages que l’on incarne, chacun ayant des petites spécificités, son histoire, ses travers.

Le bestiaire est relativement peu varié mais le challenge ne sera pas le même une fois que les zombies hurleurs auront attiré moult de leurs congénères ou lorsque vous croiserez un boursouflé, voire plus terrible encore.. L’un de vos objectif sera d’anéantir les coeurs de peste qui nourrissent des zombies aux yeux rougis car infectés de la peste rouge. Attention, être blessé par l’un d’entre eux c’est l’infection assurée et si vous n’avez pas construit votre hôpital de fortune et ne disposez pas des ressources pour concocter un antidote, votre personnage file droit vers le décès, et vous pourrez en recours ultime le bannir ou l’éliminer. Dur.

La conquête de territoires et du pouvoir

S’il n’y a pas de scénario à proprement parler, chaque personnage est appelé à réaliser des objectifs, en fonction de son histoire personnelle. Plus intéressant, chacun de vos personnages marquera des points de réputation en fonction des différentes actions qu’il effectuera. Par ailleurs, chaque personnage dispose de compétences particulières qu’il pourra faire évoluer à la manière d’un RPG. Ici, pour chaque niveau supplémentaire atteint, vous aurez le choix entre deux atouts qui renforceront les talents de votre avatar.

Une exploratrice qui développe ses skills

Il sera également possible d’élire un chef au sein de votre communauté une fois qu’un personnage aura acquis suffisamment de réputation, et son orientation déterminera le « tempérament » de votre faction. Vous poursuivrez ensuite votre progression jusqu’à peut-être léguer un héritage qui marquera une sorte d’aboutissement et de fin de la partie. Evidemment, vous pourrez bâtir de nouvelles communautés histoire de varier les approches et les terrains de jeu (3 zones disponibles).

Guns n’ Zombies

Côté équipement destiné à éliminer les zombies, dans State of Decay 2 chaque personnage peut disposer d’une arme à distance, d’une arme de corps à corps et d’une arme d’élimination discrète. Ainsi vous pourrez par exemple arpenter la zone avec un flingue, une machette et un tournevis à utiliser en approche furtive. Si les pétoires manquent de patate et procurent peu de sensations, on est finalement assez peu souvent amenés à les utiliser dans la mesure où, comme vous le savez, le bruit attire les zombies. De fait, vous réfléchirez à deux fois avant de vous mettre à tirer dans le tas façon Rambo des terres désolées. De surcroît, hormis si vous êtes sur un toit armé d’un fusil à bonne portée permettant de réaliser quelques headshots, en cas d’attaque coordonnée de zombies qui se jettent sur vous, l’utilisation d’une arme à feu aura vraiment peu d’efficacité, les ennemis étant assez résistants aux balles.

Du haut de ce point d’observation, vous pourrez notamment repérer une ancienne armurerie ?

Le côté survie est renforcé par la durabilité de vos armes. Celles-ci s’abîment au fil de leur utilisation et vous serez contraint de les réparer (à condition d’avoir installé un atelier dédié à la base) ou d’en looter de nouvelles. Un indicateur de couleur dans votre inventaire vous signale le statut de votre équipement.

D’autres éléments seront accessibles dans l’arsenal. Il peut s’agir de cocktails molotov, de grenades fumigènes, voire de feux d’artifices ou de pétards. Ces derniers gadgets sont particulièrement utiles dans le cadre d’actions coordonnées en multijoueur, puisque l’on pourra définir une stratégie d’éloignement des zombies en projetant des pétards afin d’aller tranquillement dézinguer un coeur de peste par exemple.

Plus forts à plusieurs

Pouvoir jouer en coopération avec d’autres joueurs offre une profondeur à State of Decay 2. Même si vivre l’aventure en solo peut être grisant et procurer des sensations mémorables, à plusieurs il est plus aisé de bâtir des approches adéquates et surtout plus facile de survivre. En effet, si en solo on peut faire appel à un seul et unique PNJ pour nous accompagner, la coopération en ligne propose d’appeler jusqu’à 3 joueurs à se joindre à soi.

Trois solutions pour jouer à plusieurs : inviter des amis, appeler à l’aide grâce à une radio et recevoir l’appui de joueurs random, ou se rendre disponible pour rejoindre une partie et accompagner les offensives d’autres joueurs. Dans ces conditions, pas de jalousie en matière de loot, chacun ne pourra avoir accès qu’à une partie des conteneurs. Par ailleurs,il est tout à fait possible de partager le butin en droppant sur le sol les éléments dont vous n’avez pas besoin. Fort utile pour aider un autre joueur à se soigner ou lui offrir un équipement, histoire de le remercier de vous avoir apporté son appui.

A plusieurs, ce n’est pas forcément mieux, mais cela peut être beaucoup plus fun. C’est aussi agréable dans le cadre d’une partie en solo de recevoir un coup de pouce lorsque l’on s’apprête à affronter une difficulté majeure. On invite alors temporairement des renforts qui nous aident à passer une difficulté.

Zombie technique ?

Certes, State of Decay 2 n’est pas un très joli jeu, même s’il tourne sous Unreal Engine. Au démarrage, il est possible d’être quelque peu désappointé, même sous One X, le jeu ne correspondant pas aux standards actuels. On regrettera sur One S que les zombies poppent à quelques mètres de soi, notamment lorsque l’on se déplace en véhicule. Il faut noter également quelques soucis de pathfinding concernant les PNJ ou un brin de latence lors des sessions en coopération.

Certains paysages sont assez chouettes, surtout à la tombée de la nuit..

Le vrai souci rencontré durant la phase de test concerne la présence de multiples murs invisibles au sein de ce monde ouvert qui a le mérite de tourner sans temps de chargement. En installant notre seconde communauté sur « Le Plateau », on a pu pester en tentant de franchir à pied de toutes petites collines que l’on devrait théoriquement réussir à gravir sans difficulté. Le jeu nous force alors à emprunter un itinéraire alors que l’on aurait préféré pouvoir prendre la tangente pour raccourcir le trajet. Pour le reste, le cycle jour / nuit est bien géré, tout comme les animations des personnages. On apprécie tout particulièrement les exécutions furtives des zombies qui offrent des moves assez remarquables.

Dernier point qui aurait pu être amélioré : l’inventaire. Celui-ci apparaît austère et peu ergonomique au démarrage. Après quelques heures, on s’y fait aisément, mais l’interaction avec ce dernier n’est pas « naturel » ou semblable à ceux que l’on a l’habitude d’utiliser. Ceci étant, se limiter à ces quelques points pour juger le jeu serait néanmoins malhonnête, State of Decay 2 n’étant pas un triple A et le studio aux manettes n’ayant pas les ressources des très grands du secteur. Surtout, lorsque vous vous retrouverez à devoir retourner à la base en faisant 1500m à pied en pleine nuit, tout seul, et avec un tiers de santé et très peu d’énergie restante et un inventaire vide, vous retiendrez l’intensité du moment vécu une fois sain et sauf, et non pas les bugs mineurs qui ne gâchent pas véritablement l’expérience.

Approuvé par Gloria Gaynor ?

Si votre unique raison de jouer est de pouvoir poster de jolis screens sur votre fil Twitter histoire de gratter des likes et des RT, State of Decay 2 n’est pas fait pour vous. Ce n’est pas non plus pour vous si vous pensiez qu’il s’agissait d’un jeu nécessitant peu de neurones et consistant uniquement à démembrer des zombies en masse. En revanche, si vous avez envie de tester une simulation de survie post-apocalyptique au sein de laquelle chaque action devra être réfléchie afin de permettre aux membres de votre communauté de s’épanouir et de conquérir des territoires, jetez vous immédiatement sur ce jeu !

Attention, State of Decay 2 est hautement addictif et si vous commettez l’erreur de ne pas mettre une horloge à proximité de votre écran, vous plongerez dans une faille spatio temporelle et une fois qu’un événement extérieur vous ramènera à la réalité, vous vous demanderez encore où sont passées ces multiples heures alors que vous aurez eu l’impression d’y avoir joué quelques instants seulement.

State of Decay 2 est une bonne surprise ! C’est un vrai jeu de survie axé gestion et un brin stratégie, assez punitif en solo, qui offre au joueur une courbe d’expérience ardue mais gratifiante, et qui propose une autre approche plus festive à plusieurs.

Les Plus  : Les Moins  :
  • Une réelle immersion
  • Un jeu qui ne te prend pas par la main
  • Un vrai jeu de gestion qui occupe les neurones
  • Hautement addictif
  • Des personnages variés
  • L’approche stratégique et ludique à plusieurs
  • Des graphismes en dessous des standards
  • Quelques bugs et des murs invisibles
  • Manque d’ergonomie de l’inventaire
  • Sound design peu travaillé

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