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[TEST] : Star Wars Battlefront II

La fatigue de la Force

Deux ans après le reboot enthousiasmant de la franchise Star Wars Battlefront par Dice sous la coupe d’EA, le second volet du titre était particulièrement attendu. Disponible dans la période de sortie de l’épisode 8 de la saga cinématographique, le titre devait se la couler douce au firmament de la galaxie des charts, avant que des révélations autour du système de microtransactions ne fassent s’effondrer l’Etoile financière de la Mort bâtie par EA. Nous voulions au-delà de la polémique justifiée, plonger au coeur de la Force et nous focaliser sur le contenu de la galette vidéoludique amputée day one des obscures tentations de l’éditeur, et voir tout de même si cela valait le coup de dépenser quelques euros.

  • Date de sortie : 17 novembre 2017
  • Editeur : EA
  • Développeur : DICE
  • Genre : FPS
  • Prix : 69,99€ (plutôt 59,99€ partout en fait)
  • PEGI : 16+
  • DisponibilitéVersion physique et dématérialisée (51,22 Go)
  • Xbox One X Enhanced : Oui + HDR

Le jardin d’Iden

La promesse était belle d’offrir aux joueurs une campagne digne de ce nom, Star Wars Battlefront se la jouant Titanfall, avec un second volet étoffé d’un mode solo. L’idée de départ est d’autant plus séduisante puisqu’il s’agissait, tout comme Disney – qui veut quand même récupérer des sous suite à son investissement colossal – d’élargir le spectre avec une histoire parallèle comme le veut la tradition des spin-off.

Le jeu nous propose donc d’incarner Iden Versio, commandante de l’escouade Inferno, une unité d’élite des soldats de l’Empire. C’est assez chouette sur le papier de passer de l’autre côté de la Force et de pouvoir faire partie du côté obscur. Au démarrage du jeu, notre Iden est en mauvaise posture, puisque capturée par les rebelles. Evidemment, elle réussira à filer à la vardosienne (elle vient de la planète Vardos pour ceux qui se seraient jetés d’emblée sur un dico) grâce à l’appui de son droïde au format mini qui se glisse dans son dos façon backpack.

Certes, c’est souvent joli..

Sans en dévoiler plus sur l’intrigue, Iden Versio assiste à des événements bien connus du space opéra de Georges Lucas, et devra poursuivre l’oeuvre de l’Empire, tout en étant guidée par son père. Ben oui, on est bien dans Star Wars, et la famille, Oedipe et tutti quanti, c’est fondamental. Si les premières séquences sont agréables, assez rapidement, on se retrouve à enchaîner des missions particulièrement courtes et sans reliefs, malgré le fait que la rétine soit toute frétillante grâce au rendu offert sur Xbox One X. En effet, les balster-fights sont insipides, sans saveur ni challenge, et la progression à travers un scénario cousu de fil obscur n’apporte ni surprise, ni intérêt quelconque. Le joueur se retrouve à réaliser des objectifs quelque peu OSEF qui desservent une histoire d’une banalité rare. A ce titre, la séquence durant laquelle le joueur doit se défaire d’une nuée d’insectes tout en protégeant son acolyte restera gravée dans la mémoire de nombreux joueurs comme étant l’un des passages les plus inintéressants de leur vie vidéoludique. Pire, le déplacement de l’héroïne est lourd et pataud, et si par malheur vous souhaitez la faire évoluer tête baissée pour favoriser la furtivité, vous aurez vite fait de passer en vue FPS, tant Iden Versio semble ridicule – comme les personnages de Mass Effect Andromeda avant patch – en vue à la 3e personne.

Par ailleurs, le mode solo fait office de vulgaire tutoriel grâce auquel il sera possible de tester les aptitudes de quelques personnages phares de Star Wars, et même de piloter des vaisseaux intergalactiques. C’est lors de ces sessions de batailles spatiales que le titre retrouve une once d’intérêt, les environnements étant somptueux et les machines stellaires répondant sans difficultés aux aspirations du joueur, le pilotage étant intuitif, souple et aisé. De vrais moments de bonheur trop peu nombreux au sein d’une campagne ne recélant aucun génie. Certes, il reste délicat de prendre des risques lorsque l’on doit créer un titre à partir d’un univers si sacro-saint, mais la platitude de l’histoire est déconcertante.

5 heures max, douche comprise ?

Le tout est avalé en deux petites soirées, deux pauvres petites soirées durant lesquelles vous risquez assez peu de voir l’écran synonyme de restart, tant le jeu est facile en mode normal. On imagine du coup le niveau de la balade en mode facile à propos duquel les développeurs promettent une expérience d’exploration.. Certes, c’est la plupart du temps excessivement joli et les cinématiques sont dans les standards actuels les plus élevés. Le sound design est également de grande qualité, c’est du Star Wars et Dice ne déçoit pas sur ce plan, reprenant une formule qui a généré des éloges à la sortie de l’itération précédente.

Le pompon du pompon est que le joueur ne sera à nouveau titillé qu’en toute fin du mode histoire, avant de comprendre que le twist final est peut-être l’occasion de divulgâcher des éléments qui seront abordés dans l’épisode 8 de la saga à paraître en décembre, tant le lien semble fort entre le jeu et le film. Bref, il vous est presque recommandé de terminer le jeu après avoir vu le film. Un comble.

Pour couronner le tout, à la fin de la dernière cinématique du jeu, vous retournez immédiatement à l’écran d’accueil, sans transition aucune et si vous souhaitez voir le générique, il faudra aller le chercher dans le menu du jeu. Une hérésie. Non pas que tout joueur apprécie la présence d’un générique parfois longuet, mais on parle ici de Star Wars, un univers au sein duquel la musique a une place prépondérante, où les toutes premières notes déclenchent des frissons. Et là, que dalle, même pas une petite fin en apothéose avec l’environnement sonore tant aimé. Mais pourquoi, pourquoi?? (l’écho de cette question raisonne encore dans une galaxie lointaine et n’atteindra jamais les développeurs, mais ira s’échouer sur une planète oubliée).

Le multi-déséquilibre de la Force

Une fois le didacticiel solo terminé, l’occasion était belle de se vautrer dans les batailles en multijoueur et retrouver le plaisir fugace, mais intense et réel, éprouvé lors de la sortie de Star Wars Battlefront. Et là encore, patatras..! Là où le « premier » opus brillait par sa fraîcheur et sa nouveauté, le second peine à satisfaire. Et c’est un euphémisme..

Certes, Dice innove avec un choix large de modalités d’affrontements en ligne et propose même de s’amuser entre amis contre l’IA dans un mode arcade. Autre innovation, l’affrontement héroïque qui vous proposera d’incarner des personnages emblématiques de la saga à 4 Vs 4. Vous passerez d’ailleurs peu de temps sur ce mode à l’intérêt limité, les fights devenant vite brouillons et surtout injouables pour ceux qui ne seront pas dans la peau d’un héros disposant d’un sabre laser, le déséquilibre en termes de puissance étant abyssal. Les autres modes sont relativement classiques ressemblant notamment à des « Ruées » façon Battlefield ou à des deathmatch traditionnels.

Reste que ici encore, le seul mode de jeu véritablement intéressant en multi concerne les affrontements spatiaux. Ici, vous êtes aux commandes de vaisseaux de l’Empire ou de la Rebellion – même les plus emblématiques – et devez accomplir des objectifs tout en bataillant contre des adversaires et l’IA. Malheureusement, lors de la phase de test, c’est le mode de jeu où il était le plus difficile de trouver des joueurs alors que celui-ci apporte de vraies sensations de pilotage. Dominer la bataille requiert le développement de ses skills pour faire corps avec sa machine, quand bien même le pilotage est aisé. Un bien chouette mode !

Le décor étant posé et avec les microtransactions temporairement désactivées, il était peut-être envisageable d’obtenir un résultat acceptable. Eh bien non. Le principe même du loot aléatoire permettant de renforcer les compétences des personnages créé des écarts inacceptables de niveaux entre les joueurs. C’est un système qui ne récompense pas les faits d’armes du joueur, mais qui dépend simplement du hasard. Si vous croisez le chemin de joueurs ayant d’ores et déjà ouvert de nombreuses lootbox, même gratuites, la différence est réelle et se fait rapidement sentir. Alors que dans les multi de Destiny, Battlefield ou Call of Duty, vous pourrez toujours vous tirer d’affaire face à des adversaires, les capacités de chacun étant peu ou prou aplanies, ce n’est absolument pas le cas dans Battlefront II.

Les lootbox, le mal absolu..

Vous allez donc devoir passer votre temps à faire des frags en vous préoccupant assez peu de l’objectif, l’idée étant de maximiser les gains en fin de partie histoire de pouvoir débloquer ces fameuses boîtes de loot. Il vous faudra en plus utiliser cette monnaie gagnée pour débloquer les fameux héros, mais également pour faire évoluer vos personnages en upgradant les cartes de compétence bonus récupérées par le loot en boîte grâce à une autre « monnaie » glanée dans ces mêmes lootbox.. On imagine aisément comment un système d’une telle perversité aurait plus qu’incité les joueurs à passer à la caisse avec de la monnaie sonnante et trébuchante, histoire de gagner du temps en perdant de l’argent.

On regrettera également ce nouveau système permettant d’incarner des héros durant les parties. En effet, au préalable, il suffisait de récupérer sur la map un bonus déclenchant l’utilisation d’un Vador ou d’un Luke. C’est désormais différent puisqu’à l’instar des killstreaks de Call of Duty, c’est en ayant marqué suffisamment de points que vous pourrez faire le choix d’un de vos personnages favoris. Le souci est que pour la majorité des joueurs, le quota minimal est atteint durant le dernier tiers de la partie, et que dans la mesure où un nombre maximal de héros peut y être intégré, vous risquez de désespérer de pouvoir utiliser à bon escient ces points précieusement glanés.

Paye ton héros !

Malgré tout, les différents modes de jeu peuvent vous tenir en haleine quelques heures pour du fun. Ceci étant, alors même que ce multi est conçu pour des joueurs qui s’investissent dans la durée (obtention de lootbox et évolution des personnages oblige), il tend plutôt à s’apprécier lors de sessions occasionnelles, le jeu manquant de cette profondeur addictive qui scotche le joueur à l’écran durant de nombreuses nuits.

Stay away from the dark side !

In fine, Star Wars Batlefront est un jeu popcorn dont l’intérêt vidéoludique est restreint. Certes, c’est incroyablement joli sur One X, mais c’est bel et bien l’illustration parfaite du caractère inepte de beaux environnements lorsque l’on a un gameplay moyen, un scénario creux et un multi consternant. On aurait vraiment adoré que Iden Versio au potentiel so badass soit mieux mise en avant avec un solide mode solo. Si vous aimez les FPS multijoueur, vous jouerez à autre chose, le choix actuel étant suffisamment large et de bien meilleure qualité.

Il vous est fortement conseillé d’attendre la « gratuité » du titre dans le coffre EA Access si vous êtes abonné, ou de patienter sagement que la valeur du jeu diminue et atteigne 20 à 25€. Ce jeu ne mérite pas que vous dépensiez plus que cela. Que la Force soit avec vous malgré tout !

Télécharger Star Wars Battlefront 2 sur Xbox One

Vous aimerez Star Wars Battlefront II si :

  • Vous n’aimez pas vraiment les FPS
  • Vous êtes d’une indulgence à toute épreuve
  • Vous ne jurez que par de jolis graphismes
  • Vous détestez les scénarios bien ficelés
  • Vous êtes un fan inconditionnel et refusez de prendre du recul
Les plus Les Moins
  • Iden Versio
  • Cinématiques bluffantes
  • Joli sur Xbox One X
  • Sound design fidèle à la saga
  • Pilotage des vaisseaux et batailles galactiques
  • Campagne trop courte, qui divulgâche et non conclue par un générique
  • Une héroïne badass sous exploitée
  • Un scénario basique, sans prise de risque, ni surprise
  • La suppression temporaire des microtransactions ne rend pas le multi meilleur
  • La franchise Star Wars mérite un meilleur traitement, les fans aussi

*Test réalisé à partir d’une version commerciale achetée avec les sous du testeur

L'avis rapide de VinceTheVice

Il est vrai que second jeu Star Wars Battlefront nouvelle génération fait beaucoup parler de lui. Si vous ne le savez pas encore, lorsque vous possédez un compte EA Access (ou l’Origin Access pour les joueurs PC) et que vous y êtes abonnés, vous pouvez tester les nouveaux jeux édités par Electronic Arts, et cela pendant 10 heures quelques jours avant leur sortie mondiale.

C’est donc pendant cette semaine d’early access que le Star Wars Battlefront 2 est passé du côté obscure sans même s’en rendre compte. Les micro transactions ne sont pas les bienvenues depuis qu’elles ont été créés, pourtant elles sont toujours là depuis près de dix ans. Elles semblent tolérées par les joueurs du moment qu’elles ne désavantages pas le jeu et ses mécaniques, logique.

Seulement, les bons joueurs et les moins bons joueurs doivent jouer ensemble, l’un contre l’autre. Ayant joué au premier jeu il y a deux ans, il était difficile de jouer seul et de truster les premières places du classement, de temps en temps être dans le top 10 m’était possible. Autant dire qu’avec ce déséquilibre certain, pour STWB2 les réticences étaient ultra présentes. Sauf que le succès Une galaxie en guerre dans lequel il faut une victoire dans chaque mode de jeu a été débloqué dès ma première soirée de jeu. Le plus gros déséquilibre constaté fut lors de la Bataille de Héros. L’Empire est surpuissant, même avec les personnages de base. Une partie de chaque côté permet de s’en rendre compte, les scores finaux sont quasi identiques lors de chaque partie.

Concernant le mode histoire, il est effectivement court. Mais nous en attendions beaucoup. Trop c’est certain. Je me rappelle que le solo de Battefield 1 avait déjà reçu ce genre de critique à propos de sa campagne servant d’un long didacticiel scénarisé. La seule différence entre ces modes scénario solo est leur profondeur. Et ce qui fait le plus mal, c’est qu’un univers comme Star Wars doit nous faire voyager, ce qui n’est pas tout le temps le cas avec STWB2.

Pour conclure, je rejoins l’avis de Buck concernant votre achat. Le fait de ne débourser qu’une vingtaine d’euros pour posséder le titre est indéniablement associé à votre attachement plus ou moins fort à Star Wars. Certes, je n’ai joué qu’au jeu une fois le jeu sortie (donc sans les microtransactions), mais mon plus gros regret et la faible importance accordée à la campagne. Sinon, je m’amuse vraiment avec le mode multijoueur, et c’est rare avec les mécaniques de jeu actuelles.

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